23 août 2015

Les portes claquent (The Doors)


john densmore the doors les portes claquent


Note : si vous voulez aller directement au passage concernant le livre de John Densmore, rendez-vous au paragraphe intitulé "Bref tout ça pour dire que".


Détester les Doors

est devenu un sport auquel se livrent beaucoup d'amateurs (souvent pourtant éclairés) de musique. Sans parler des pratiquants : musiciens, promoteurs, programmateurs, journalistes etc.
Les arguments font florès :

 • "C'est trop un groupe de hippies"

Okay, bon quand ça commence comme ça, ça ne finit jamais très bien. La haine du hippie (que les détestateurs ont le plus grand mal à définir hormis quelques "c'est les mecs qui se lavent pas") fera l'objet d'un prochain article, dont l'essentiel du développement consistera à démontrer que les valeurs dont se réclament la majorité des anti-hippies (sociale, économiques, politiques etc.), et les résultats qui en ont découlé (concerts, culture, réseaux, événements divers etc.) ont été fondés/popularisés, développées par les hippies eux-même. En attendant, répondons leur juste gentiment que comme argument massue, ça se pose un peu là.

 • "C'est trop le groupe de l'ado qui fume son premier joint"

A une certain époque, ça a sûrement été vrai. Je doute qu'en France en 2015, beaucoup d'ados kiffent leur(s) premier(s) joint(s) avachis à cinq dans un canapé en écoutant "Riders of the storm". Je dirais que ça se passe plus sur un truc de Maître Gims à l'arrière d'une Renault Zoe tunéee.
Mais qui sait, aussi bien je me trompe. Et que cela fut vrai à une époque, je ne vois pas en quoi ça change quelque chose à la qualité intrinsèque du groupe et de sa musique. Accessoirement, pendant longtemps dans l'histoire da la musique pop-rock, la consommation de substances illicites a fait partie intégrante (autant du côté des musiciens que du public) du processus d'appartenance de cette musique. Sans parler du jazz ou du blues. Ou de la hard-tech. Etc.etc.
Les remontrances anti-drogues des puristes du rock m'ont toujours fait marrer. Tous les grands albums qui sont rentrés dans l'histoire depuis bientôt 60 ans ont été faits par des mecs chargés comme des mulets. Like it or not, c'est la réalité. Et notez que ce n'est pas une incitation à en faire autant, c'est juste un fait (auquel vous pourrez toujours m'opposer des exceptions que j'accepterai volontiers).
Et puis de fait, comme argument massue, ça se pose encore un peu là.

 • "Le film d'Oliver Stone est trop nul"

1 : Quel rapport ?
2 : Ah bon ? Je ne suis pas un grand cinéphile, mais je sais que j'ai vu bien pire, comme film. De toute façon, les tenants de cet argument n'aiment en général pas le film... parce qu'ils n'aiment pas les Doors : l'argumentation peut donc tourner en rond pendant longtemps.

 • "Le plan "poète-chanteur" de Jim Morrisson, merci bien quoi..."

Venant de personnes qui la plupart du temps n'entravent pas un mot d'anglais, ça prête à sourire. A part ça, je suis au regret de vous annoncer officiellement qu'en ce qui me concerne, je trouve les paroles fort gouleyantes, et qu'elles ne me choquent pas plus que ça sur un plan littéraire (même si la littérature et la poésie anglaises ne sont pas vraiment ma spécialité). Alors bon, mon argument reste totalement subjectif, et quelque part, heureusement. Je dirai juste que les gens qui en général te disent que "les paroles on s'en fout" dans le rock, trouveront que pour le coup, là, on s'en fout pas, c'est trop nul. Et ne verront rien à redire à d'autres paroles de groupes célèbres qui frisent parfois le ridicule absolu (ce qui la plupart du temps ne me dérange absolument pas, notez le bien).
Si c'est le côté "il fait des phrases qui veulent rien dire", je vous renvoie à Robert Plant dans "Dancing Days" :
"I told your mamma I'd get you home but I didn't tell her I had no car; I saw a lion he was standing alone with a tadpole in a jar".
Soit : "j'ai dit à ta mère que je te ramenais à la maison mais je ne lui ai pas dit que j'avais pas de voiture, j'ai vu un lion qui se tenait seul avec têtard dans un bocal."
Vous avez deux heures.

 • "Tel autre groupe des mêmes années est 40 fois mieux dans le même style".

Argument envoyé en général par les ayatollahs de la compilation Nuggets, qui font eux-même partie de la grande secte des adorateurs des groupes seulement obscurs. Ce fameux argument qui revient toujours dans ton groupe de potes : un groupe connu est forcément nul (dont le pendant est souvent : un groupe obscur est forcément génial). Alors oui Spirit aurait largement mérité de devenir aussi populaire que les Doors et de passer mieux que ça a la postérité. Ca n'a pas été le cas. Attention : Spirit a eu du succès hein, c'est juste qu'ils ont disparu pour cause de catalogue mal géré et de journalistes ignares. Mais je ne vois pas trop en quoi c'est la faute des Doors.
Tiens pour le coup on va se faire une pause avec Spirit :




 • "Un groupe de rock avec un piano/clavier c'est interdit."

Ah. Mais quand on veut jouer au puriste il vaut mieux maîtriser ses cartes. Si on remonte aux origines les plus connues et populaires on va donc juste citer Elvis Presley et "Jailhouse Rock", Chuck Berry et Johnny B.Goode (afin de pas trop se perdre en circonvolutions de références).
Allez-y, écoutez.
Ah tiens, y'a du piano partout.
Et c'est d'ailleurs pour ça que les rocks des années 50 sont en do/sol/fa et non pas en la/mi/si (suites typiquement guitaristiques ultra-chiantes à transposer au piano). La notion d'interdit en art, c'est assez intéressant aussi. Ce qu'il faudrait, ce n'est pas tuer le rock, c'est tuer le mot et les mythes qui vont avec. Je veux dire : toutes les sortes de mythes que chaque "école" se construit et auxquels elle croit dur comme fer, parfois contre toute évidence factuelle. Les Doors ne se voyaient de toute façon pas comme un groupe de rock. Et encore un fois, quel rapport entre les Beatles, Devo, AC/DC, Can, Aerosmith, King Crimson, The Cure, Slayer ?
Tant qu'on ne tuera pas ce mot "rock", on sera pris au piège.

 • "Jim Morrison et son futal en cuir, au secours."

On doit vraiment répondre à ce genre d'arguments ?

 • "Supplément 4 fromages"

Là je me suis dit que j'allais vous partager cette vidéo quand-même. La haine des Doors se répand aussi, bizarrement, chez les plus jeunes. Mais alors là c'est d'autant plus pathétique que le jeune en question fout du Skrillex en musique sur sa vidéo alors que bon, Skrillex a bien "une coupe de pédé" (tel que défini dans cette vidéo hein, je n'ai aucun problème avec les homosexuels ni leurs coupes de cheveux) et que Skrillex a fait une chanson... avec du John Desnmore dedans !
Notons enfin que le jeune aujourd'hui, il trouve apparemment que la dope c'est mal. Pourtant quand je suis allé dans des soirées de jeunes qui écoutaient du Skrillex (et assimilés), j'ai jamais vu autant de dope de ma vie. Il trouve aussi que se rebeller contre l'autorité, c'est mal. Bon.
Quand le disco était partout, on peut comprendre qu'il y ait eu un mouvement "disco sucks"  en 78 devant l'ampleur du battage médiatique et de l'overdose qui sévissait partout. Là, on peut se demander quel raison/événement peut pousser un mec à faire ce montage. Les rues ne me paraissent pas envahies de fans des Doors, ni leur musique passer sans cesse à la radio. Non ?




Bref tout ça pour dire que

J'ai lu le bouquin "The Doors, les portes claquent" (Le mot et le reste, 2014), écrit par John Densmore, le batteur des Doors.
Je ne savais pas du tout de quoi ça parlait, j'ai pris ça au pif pour les vacances. Enfin, je pensais qu'il s'agissait d'une bio du mec, et en même temps des Doors. Un truc basique mais dont tu peux toujours retirer plein d'infos, d'anecdotes pour briller en soirée etc.
Et bien pas du tout. Certes il y a quelques anecdotes d'époque, quelques infos artistiques etc. mais très, très peu.
L'essentiel du livre est basé sur le procès qui a opposé Densmore et la doublette "Ray Manzarek (claviers) + Robby Krieger (guitares)" pendant 6 ans, de 2003 à 2009.
Les trois survivants se sont en effet vus proposer la rondelette somme de 15 millions de dollars (rien que ça) par la marque Cadillac, pour voir un titre des Doors illustrer une de leur publicité.
Et Densmore n'était pas d'accord. Ce qui a rendu les deux autres complètement enragés, et principalement Manzarek.

Pour couronner le tout, Densmore a attaqué la doublette pour la reformation (sans Jim Morrison ni lui-même) des Doors sous le nom "THE DOORS of the twentieth century".
Une formation avec Ian Astbury de The Cult au chant, qui fera vraiment tout pour singer Jim Morrison dans des concerts sans magie qui se feront régulièrement démonter par la critique.
Et à la batterie, au départ Stewart Copeland de The Police, à qui la doublette n'avait pas tout dit (sur l'utilisation du nom, la façon dont la promo serait faite etc.). Il pensait participer à une réunion qui stipulerait clairement les données du problème. Il a rapidement mis fin à l'aventure, et ses interventions au tribunal font aussi chaud au coeur que son jeu de batterie est impressionnant (vous pouvez ne pas aimer The Police, surtout à partir du troisième album, mais si vous me dites que Stewart Copeland n'est pas un batteur génial, vous êtes soit sourd, soit de mauvaise foi).
Un "The Doors" nouvelle mouture qui reprenait aussi le logo original, écrivait le nom THE DOORS en immense, et "of the twentieth century" en minuscule, et utilisait des visuels promotionnels faits avec la tronche de Jim Morrison.  Genre "ça va passer comme une lettre à la poste".
C'était sans compter sur l'acharnement de Densmore.

Un acharnement à quoi ?
1 : A faire respecter les volontés de Jim Morrison.
2 : A faire respcter les clauses du contrat des Doors enre eux, et avec tout mandataire en charge des droits d'édition (et donc de la "synchro" pour la publicité).


Le deal de départ

Le deal de départ entre les Doors a été proposé par Morrison lui-même. A l'inverse des grands groupes de l'époque (citons les Beatles et les Rolling Stones qui devraient parler à tout le monde).
Morrison a proposé que :
1- l'ensemble des droits générés par ce qui a trait aux Doors (chansons, concerts, merchandising, droits dérivés etc.) ne soit pas divisé au prorata des auteurs/compositeurs, mais tout bonnement en 4.
Chez les Doors, pas de crédit "Lennon/McCartney" ou "Jagger/Richards". Même si un des gars du groupe n'avait rien composé sur une chanson, il touchait un quart du revenu qu'elle générait. Une prise de position rare, qui aura permis aux trois autres membres du groupe d'être à l'abri du besoin pour (au moins) une centaine de générations à venir.
2 - toute décision relative à la carrière des Doors ne pouvait être prise qu'à l'unanimité des membres. C'est écrit noir sur blanc dans un contrat ficelé aux petits oignons.

Et c'est argumenté sur toutes les bios des Doors (dont celles de Manzarek et de Krieger).
Dans les notes des rééditions, dans les interviews pour la TV, à chaque fois, Manzarek s'en vantait : "on a été le premier groupe vraiment démocratique : les décisions ne pouvaient être prises qu'à l'unanimité, et on se reversait tout en 4 quoi qu'il en soit". Quasiment un mantra dont il nous rebattait les oreilles depuis le décès de Morrison.


Oui mais...

Pour cette publicité Cadillac et la "reformation" (calamiteuse qui plus est) Manzarek et Krieger ont décidé de s'asseoir sur le deal. Ce même deal qui leur a permis d'être riche à millions (jusqu'à leurs arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-petits-enfants).
Manzarek voudrait sniffer 40 kg de poudre par jour, vivre à Versailles, acheter des yachts comme on achète un baguette à la boulangerie, il pourrait. Mais non, il voulait 15/3 = 5 millions de plus. Et reformer les Doors sans le batteur d'origine et sans le chanteur d'origine.
Son argument ?
"En fait cette histoire d'unanimité c'était surtout un truc de façade pour donner une image sympa/soudée du groupe, c'était du marketing, et en plus j'étais bourré ou sous acide, je me rappelle plus trop."
Oui mais enfin Monsieur Manzarek il y a un contrat qui le stipule noir sur blanc, avec votre signature dessus !
"Euh oui mais c'était il y a longtemps, j'avais pas bien lu, et puis bon hein ça va quoi on va pas en faire tout un plat !".

Le sang de Densmore n'a donc fait qu'un tour.
Non, en fait il a fait deux. Car non contents d'essayer de tordre le sens du contrat et de faire la tambouille financière comme bon leur semblait sans tenir compte de son avis (ni de celui de la famille Morrison), la doublette lui a réclamé 40 millions de dollars en dommage et intérêts. Rien que ça. Soit 20 millions chacun pour Krieger et Manzarek, donc 4 fois la recette envisagée pour la pub Cadillac. Et de quoi mettre Densmore sinon sur la paille, au moins dans la grosse merde.
Pour ce faire, rien n'a été épargné à celui qui se veut le gardien de l'esprit originel du groupe, avec ses principes un peu baba-cools qui veulent que : non, on ne vendra pas nos fesses pour une publicité, on fait de l'art, et on va respecter la parole qu'on s'est donnée, les contrats qu'on a signé entre nous, et la mémoire de notre ami chanteur à qui l'on doit beaucoup.
Un connard d'idéaliste, quoi (en plus il joue du free-jazz/world music, porte des colliers, se fait une couette, et participe à des projets avec des mecs aussi louches que Skrillex).

john densmore 1971 2013


Pas joli-joli

Non ce n'est jamais joli-joli quand d'anciens frères d'armes se lancent dans des procès, qui plus est pour de l'argent, et qu'aucun d'eux n'en a besoin. Après, vous me direz, c'est la vie, ça arrive etc.
Ca peut rester courtois et correct. On peut ne pas être d'accord, et les sommes relatives à la brouille peuvent faire que, bon, on est obligé de passer par la case tribunal. Ca peut permettre, après tout, d'avoir une décision "neutre" qui fera que les membres originels ne seront pas fâchés entre eux, mais par avocats interposés.
Ce qui fait mal dans ce livre, ce n'est pas tant que la doublette ait voulu changer d'avis sans rien demander à personne etc. Justement, ça, ça se règle au tribunal.

Non ce qui fait vraiment mal, c'est la stratégie et les arguments développés par les avocats de la doublette.
Si le premier argument contre Densmore pouvait se révéler acceptable (ou en tout cas discutable), le second l'était beaucoup moins.
Le premier argument était que, grosso modo, pour continuer à faire vivre le catalogue des Doors et faire perpétuer le nom,  il était plus qu'envisageable de procéder à une reformation et faire diffuser les titres des Doors le plus possible, notamment par le biais d'un habillage publicitaire. Effectivement, trop de groupes passent aux oubliettes de l'histoire pour cause de catalogue non géré ou trop protégé. Si un groupe (en tant qu'entité faisant partie de la culture populaire) loupe une génération, il y a de grandes chances qu'il finisse par s'éteindre à petit feu assez rapidement. Certains groupes pensent que le fait de caler sa musique sur une publicité leur permettra de continuer à exister, et de faire vivre le catalogue, ainsi que l'image et la notoriété du groupe. Pour la doublette, le refus de Densmore s'apparente à un refus de faire vivre le catalogue, qui est aussi une obligation contractuelle "non dite" de leur contrat d'intérêt(s).
Mais comme c'est contraire à des contrats signés antérieurement, et défendus pendant plusieurs décennies par les trois survivants, formellement, ça a du mal à passer.

Ce premier argument plaide aussi en faveur de la reformation : continuer à jouer c'est continuer à faire exister le groupe. Certains fans sont même d'accord (cf. les commentaires sur ce lien d'un article sur ce même livre dans Rolling Stone ou encore sur cette page de fans des Doors). Tout tient après dans la définition du "groupe" quand son leader incontesté est mort, et qu'on met sur la touche le batteur d'origine. Or manque de bol, la définition du groupe est explicitée dans le fameux contrat originel des Doors. Et manque de bol encore, Densmore n'a jamais été contre le principe de reformations (dont il fasse partie ou pas) aux seules conditions que :
- le logo original ne soit pas repris
- le nom ne puisse pas être confondu avec celui des Doors. Or quand "The Doors of the Twentieth century" est écrit (affiches, publicité et tous supports promotionnels) avec "THE DOORS" en immense et "of the twentieth century" à la taille d'un timbre poste, bon...
- on ne se serve pas de l'image de Morrison. Or paf ! Et que je te vends des places en mettant des photos de Jim Morrison, et que je ne signale pas (ou mal) qui jouera effectivement, qui est membre d'origine du groupe etc. Vous rigolez, mais il y a peut-être des gens qui ne savent pas qu'il est mort !





Un (parmi des milliers) des éléments promo qui ont fait débat. On note que les logos Rock&Folk & RFM ne laissaient rien présager de bon de toute façon.

Quoi qu'il en soit on peut toujours en discuter, et le tribunal tranchera. Mais pour la doublette, c'était quand même mal parti.

Alors quand on est à court d'arguments, on sort les vacheries. Et je reste poli.
Il se trouve que Densmore est vraiment un mec qui est resté fidèle à ses idéaux beatniks-hippies, appelez ça comme vous voulez. Il défend les droits des minorités, il mange bio et végétarien, il est contre la déforestation, il veut promouvoir l'éducation pour tous, il soutient les disquaires indés, bref : la totale de ce qui faisait les combats de sa jeunesse et de sa génération.
Des combats partagés par Manzarek et Krieger à l'époque, qui se battaient contre "le système", "le pouvoir", "l'autorité" et pouf faire court, "tous ces vieux cons qui ont des valeurs dont on n'a rien à foutre".
Des combats qui vous faisaient alors passer systématiquement pour des "communistes" aux USA; soit l'équivalent de l'appartenance à Daesh aujourd'hui.

Eh bien voilà, à court d'arguments, les anciens camarades de combat vont se laisser aller à toutes les bassesses : Densmore, de par ses combats toujours actuels et son accointance (souvent très lointaine) avec des associations "de gauche" (de gauche aux USA hein, pas de panique, du soft quoi) va être présenté aux membres du jury comme un "communiste", et tant qu'à faire, un terroriste.
Rien que ça. Pas de preuve, bien sûr. On signale juste que, un jour, il a participé à une manifestation d'un groupe opposé à la déforestation d'une zone naturelle protégée. Il se trouve que certaines personnes présentes dans la manifestation étaient des "gauchistes purs et durs" (au sens américain). Et que ces personnes, dans une autre manifestation portant sur tout autre chose (et où Densmore n'était même pas présent) s'étaient laissé aller à des dégradations de bien publics.
Densmore est donc un terroriste.
L'avocat de la doublette ira même jusqu'à lui demander s'il est bien contre les attentats du 11 septembre, sous-entendant qu'il ne l'est pas. Pourquoi ? Parce qu'après les événements du 9/11 il avait appelé Manzarek, abordé le sujet, et Densmore lui avait dit que ces attentats étaient aussi "en quelque sorte" aussi liés à la politique américaine des Bush senior et junior dans les pays arabes du Golfe depuis plus d'une décennie.
Tremblez membre du jury ! John Densmore ici présent est le bras droit masqué de Ben Laden. Et un anti-américain primaire.
Densmore accuse le coup, ses deux compagnons des Doors ne mouftent pas, sachant très bien que lancer ce genre de suspicions et de rumeurs peut être d'un effet dévastateur, d'autant plus que les media s'emparent, bien évidemment, de l'histoire et de la rumeur. On imagine aisément comment le rédacteur en chef de Fox News a carrément dû se faire une faciale en jubilant à l'idée du buzz politico-people qu'il y avait à tirer de cette "affaire".

Joli-joli, quoi.

This is the end

La doublette a finalement perdu, dans les grandes largeurs, mais au prix d'un procès fleuve (et fort coûteux). En ayant toutefois pris soin de faire un maximum de concerts sous le nom de "THE DOORS of the twentieth century". Leur permettant d'amasser un impressionnant paquet de blé avec un chanteur-clône.
De toutes façons la vie a repris ses droits, la mort aussi : Manzarek s'en est allé en 2013, laissant Densmore et Krieger dans la tristesse. Tout avait déjà été pardonné dès l'annonce de la maladie du claviériste. Densmore avait même suggéré une réunion, et rappelé encore une fois tout le bien qu'il pensait, malgré tout, de son ami.

Si le sujet vous parle, et si vous voulez en savoir plus, vous pouvez y aller, le livre est bien écrit, et vraiment passionnant, que vous aimiez les Doors ou pas !
Vous pouvez aussi aller lire un interview de Densmore par L'Express lors de la sortie du livre.




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