| Voilà, c'est fait, et ça s'est bien passé. Pourtant jusqu'à la dernière minute ça a été la course folle pour des raisons techniques laborieuses (10 minutes avant les projections, les vidéoprojecteurs ne fonctionnaient plus, j'en passe et des meilleures). Cette "commande" a été passée le 17 décembre 2013 par le Pôle Européen de la Culture de Grenoble. Il a d'abord fallu trouver l'idée : au lieu de "bêtement" aller jouer au Museum d'histoire naturelle en version acoustique avec les Wastemen , sous le prétexte que nous sommes "barbus", pour coller à la semaine thématique intitulée "au poil"; il m'a paru plus pertinent de dévier le sujet sur les "poilus" de la "grande guerre" dont on célèbre cette année le centenaire. J'ai décidé de mêler la grande histoire à la petite, familiale. Feue ma grand-mère adorée Colette, de qui j'étais très proche et que j'ai toujours beaucoup admiré (un moral à toute épreuve, une culture folle, et une joyeuse malice tout en gouaille et accent dauphinois pur jus) n'abordait que rarement la vie de son papa revenu traumatisé par la guerre et Verdun en particulier. Quand je dormais chez elle, petit, j'étais dans une chambre où il y avait les décorations de son papa, Lucien-Eusèbe, et les réponses à mes questions restaient évasives. Et c'était les seules fois où je la voyais triste. Ca m'embêtait. Je n'ai jamais vraiment insisté. Ce projet m'a donné l'occasion d'aller déterrer tout ça, avec l'aide de ma mère et d'une de mes tantes. Ma mère qui a donc vécu jusqu'à ses 16 ans sous le même toit que cet arrière-grand-père dont les troubles mentaux l'ont empêché très tôt de pouvoir reprendre un travail. Des troubles mentaux bien sûr "non imputables" à la guerre, comme il est écrit dans son livret militaire. Il a eu ses médailles, 50 francs, et un veston gris. Point. Il a fallu ensuite éplucher du matériau historique (livres, vidéos, illustrations etc.) et les sélectionner. En pensant en même temps à donner un "ordre" au récit. Puis tout ce matériau il a fallu le rendre exploitable pour une utilisation vidéo (je vous passe les détails et les manipulations). Dans le même temps (le peu de temps que j'ai eu, vu que j'ai fait ça en plus de mon travail "de jour", multipliant les soirées au bureau et les week-ends d'autiste enfermé autour de 2 ou 3 bécanes surpuissantes qui tournaient en même temps... merci encore à La Haute Société !) il a fallu composer la musique (sauf "Heading for the Holy Mountain" avec la voix de Nadj, que j'ai récupéré sur le premier album des Wastemen car je n'ai pas eu le temps de finir le thème en question initialement prévu), mais surtout l'enregistrer. N'ayant jamais fait de home-studio, ça a été une sacrée aventure. Il a fallu acheter puis maîtriser tout ce qu'il fallait (carte-son, câblages, micros, enceintes de monitoring, supports etc. : merci encore Pianotech pour les conseils et la disponibilité sans faille). Et aussi maîtriser un logiciel de montage audio (Reaper, une tuerie simple et efficace). Il a fallu remettre en état ma vieille batterie Tama "Imperical Star" (qui a mon âge, c'est vous dire si elle date) que je traîne avec moi depuis mes 8 ans (un bon investissement de mon papa que je ne remercierai jamais assez). Il a fallu enregistrer tout ça (incluant la voix de Jull et le trombone de Olivier Inebria), le mixer et le masteriser (pour le coup, je confirme : masteriser, c'est un métier ...). Et toujours dans le même temps j'ai créé tant bien que mal des animations vidéos à partir d'objets inanimés (médailles, douilles d'obus décorées, paperasse militaire etc.), et si avant je bidouillais gentiment en apprenant sur le tas, cette expérience m'aura fait faire une auto-formation accélérée dont l'intensité n'a eu d'égal que les litres de sueur perlant sur mon front à des heures tardives, entre deux demi-repas. J'en oublie surement et le but ici n'est pas de me plaindre ni de me faire plaindre, bien au contraire : j'ai adoré faire ça, adoré ! Le plus dur a été l'épluchage des vidéos de soldats traumatisés, filmés en milieu psychiatrique. Très dur. Après, pour le choix des images et des séquences, je n'ai quasi pas eu le temps de réfléchir : des séquences me sautaient aux yeux, je les plaçais où je les "voyais" par rapport à la musique, et le reste suivait, ça s'est fait assez naturellement. Les animations en découlaient, ce qui influait sur la suite etc. Je vais me faire gronder : je n'avais AUCUNE trame prédéfinie. Seulement huit thèmes, qu'il fallait imbriquer mais aussi séparer dans le même temps (avec un choix de chapitrage dans le montage). La chose la plus délicate était d'avoir du recul : on est vite hypnotisé par des images qu'on voit à longueur de temps, qu'on retravaille, qu'on déplace, etc. On en sature et on n'a plus de recul. Il fallait éviter les écueils du pathos, de la dénonciation facile, faire passer quelque chose d'émouvant sans tomber dans la facilité, faire du "beau" avec du matériau tragique, et le respect dû et à sa famille, et aux anciens (et leurs descendants) qui ont tant souffert de cette période. Le mélange du familial et de l'historique n'a pas aidé, on est toujours plus ému par une photo de sa grand-mère ou de sa mère enfant, que par la photo d'une autre petite fille. Mais j'ai essayé de faire en sorte que chacun puisse y voir qui il voulait, ou y voit au moins un symbole. Réussi ou pas, c'était le défi à relever, et dans un domaine qu'on ne maîtrise pas (je ne suis pas réalisateur officiel de films ou de vidéos, d'autant plus à visée "artistique"), c'est d'autant plus périlleux. Trouver un ton, éviter les évidences et les facilités, garder un semblant de narration (ou de progression) sans être trop didactique. Autant de questions que je ne réalise qu'aujourd'hui en vous racontant ça parce que sur le moment, je n'avais juste pas le temps d'y réfléchir ! Ou alors ça moulinait "en arrière-plan mental" pour ainsi dire. Et je ne prétends pas avoir réussi à atteindre mes objectifs, j'ai juste fait du mieux que j'ai pu (d'autant plus que pour moi cette version n'est pas la "finale" que je sortirai en 2016). Voilà, le lieu était vraiment magique. Ça a bien aidé. J'ai toujours pensé au lieu et à la disposition des gens, couchés, en faisant le boulot, même pour le son ! On n'entend pas pareil couché au sol que debout ! Il me tarde de pouvoir améliorer tout ça (car pour moi il ne s'agit que d'une première version très largement améliorable à tous points de vues) et de pouvoir le présenter à nouveau, ailleurs avec peut-être la possibilité de jouer tout en live avec plus de musiciens. Toute aide est bienvenue : cela fait belle lurette que je suis hors-circuit culturel ... Merci Bertand Vignon de m'avoir emmené dans cette galère. Car si j'ai navigué en eaux troubles, essuyé des tempêtes, des vents contraires, eu peur comme jamais (si si, j'ai flippé, vraiment), je suis arrivé à bon port. Merci à toutes les personnes qui m'ont aidé, elles se reconnaîtront. Merci au public pour sa présence et son attention. Ce beau silence à la fin de la projection valait de l'or. Photos : Christophe Levet (je ne sais comment il a pu faire car la salle était vraiment plongée dans un noir total !) |
21 mars 2014
1916 : la première projection
20 mars 2014
1916 teaser
Et voilà.
La première c'est ce soir 19h00 au Museum d'Histoire Naturelle de Grenoble, gratuit sur réservation au 04 56 52 85 22.
J'aurais plein de trucs à vous dire là-dessus mais ça sera pour plus tard, je manque vraiment de temps...
Alea jacta est.
12 janv. 2014
La république a gagné
« La République a gagné ? » nous dit Emmanuel Valls.
Il a fallu en appeler a Conseil D'Etat.
Rien que ça.
A quand l'ONU ?
Je m'inquiète du silence assourdissant de tous les politiques et de tous les humoristes et de tous les artistes, concernant l'interdiction du spectacle de Dieudonné.
Pas du silence sur "le devant de la scène" et sur le spectacle, ce qui serait dit dedans etc., non-non, ça c'est bon, comme vous j'en ai bouffé, merci ça va.
Et puis vu que maintenant Dieudonné n'est pas vraiment en bonne posture ("un genou à terre" pour reprendre ses termes), ça coûte pas cher de lui tomber dessus et d'en remettre couche sur couche, à la Nicolas Bedos et à la Stéphane Guillon, qui pensent ainsi trouver une opportunité de paraitre pertinents et courageux en plus d'être drôles. Alors qu'ils ne sont ni l'un ni l'autre. Plus triste, et là ça fait chier, même Poelvoorde s'y met.
Il devrait recommencer à picoler, et à se rappeler de l'esclandre médiatique qu'avait déclenché le film qui l'a rendu célèbre (et dont, finalement, on se demande ce qu'il a fait depuis à part "Les convoyeurs attendent").
Passons, ce qui m'intéresse dans cette histoire de Dieudonné, ce sont les interdictions. Je ne parle pas du fond, et des enfantillages humorisitco-journalistiques évoqués en introduction.
Simplement de la forme, des principes et du droit. Etant donné qu'en République, ce sont les choses les plus importantes, celles qui la définissent.
Ces interdictions, donc, vont faire jurisprudence.
Ainsi, tout spectacle (humoristique ou artistique) qui choquera « quelqu'un » (une communauté, un groupe religieux, une race, un groupe d'intérêts etc.) pourra bientôt être interdit. Il lui suffira de brandir la menace d'un trouble à l'ordre public. Qu'il ait lieu ou pas, ce qui est encore plus fort.
Les spectacles comme ceux qui avaient choqué quelques intégristes catholiques à Paris il y a peu seront donc interdits, car il suffira à quelques excité de brandir cette menace.
Un spectacle un peu « olé olé » avec des lesbiennes-gay-bi-trans qui retournent des croix (ou un concert de Cobra, tiens) se verra banni de la place publique via des Catholiquess intégristes. Une réunion de ces mêmes catholiques intégristes qui diront tout le mal qu'ils pensent des ces mêmes gay-bi-trans se verra interdire par les LGBT. Des mormons créationistes seront baillonés par des partisans d'extrême-gauche.
Quelqu'un voudra remettre en cause la pensée des extrêmistes salafistes ? Ceux-ci argueront directement d'un possible trouble à l'ordre public pour que la parole soit baillonée.
Etc. etc.
Vous pouvez imaginer toute les combinaisons possibles et inimaginables (c'est d'ailleurs à ça que sert le droit: gérer le particulier par du général).
Et ce sera donc une victoire ?
Pour qui ?
Il n'y aura plus que des spectacles ou des réunions de Bisounours qui ne dénonceront rien ni personne, ne dérangeront rien ni personne, ne soulèveront aucune problème et aucune passion.
Et tout sera dans l'ordre des choses molles et mortes. Parce qu'on ne veut pas comprendre que le cadre formel de la démocratie n'implique pas une vie simplement formelle. La société est faite de dissensions, des désaccords, et des luttes. Si on empêche de les laisser s'exprimer (tant qu'il n'y a pas d'appel à la violence directe donc dans le respect d'un droit qui existe déjà et n'avait pas besoin de toute cette plaisanterie) on court à la catastrophe, car le feu qui couve sous la marmite risque bien de la faire exploser.
Mais en France on ne veut pas laisser les gens décider par eux-même si quelque chose est acceptable ou pas, on estime que c'est le rôle de l'Etat.
Le Royaume-Uni, qui aux dernières nouvelles n'est pas une dictature, ne laisse-t-elle pas s'exprimer, en pleine rue, et encadrés par des bobbies des gens aux propos bien plus violents, proférant parfois des attaques ad hominem ? Combien de fois des intégristes islamistes ont il tenu des manifestations publiques appelant à renverser le pouvoir, la Reine i tutti quanti ? Aux USA (qu'on aime tant décrier) il y a des ignares créationistes et suprémacistes; qui prônent en public et en toute tranquilité la suprématie des races, donc. Idée qui m'est étrangère à tel point que je ne juge même pas opportun de m'arrêter sur le fond. Allez donc voir le tragique Craig Cobb qui peut dire publiquement, entre autres joyeusetés qu'il veut créer des villes d'où les noir seront interdits. Ca se fait à la télévision, ils sont interviewés par des journalistes. L'Etat ne s'en mêle pas. Et personne ne va donc inventer un trouble potentiel (c'est merveilleux cette notion) à l'ordre public avant même qu'il n'arrive. Parenthèse : le trouble à l'ordre public qui a été monté comme étendard de l'interdiction, on l'attend encore, mais passons.
Là-bas, dans les pays anglo-saxons, on les laisse faire. On se dit que les gens sont peut-être assez intelligents pour faire leur choix et leur avis tout seul. Mais ça en France, c'est trop demander, et viendra peut-être un jour où on nous inoculera ce qu'il faut penser par prescription de l'Etat.
Comme il est courant chez nos amis journalistes de faire des comparaisons « avec nos voisins européens » je m'étonne qu'aucun journaliste ne signale que ce qui est présenté comme Le Danger de la République et le Pire des Maux que la France ait connu depuis 50 ans, ne ferait pas deux vaguelettes dans les média anglais, et à juste titre.
Quand en 2010, Rayhana, une femme de théâtre algérienne qui défend la condition féminine, s'est fait agressé à Belleville par des excités intégristes gravitant autour de la mosquée Omar, qui ne supportaient pas sa pièce, ils ont non seulement porté atteinte à l'ordre public mais aussi à une personne. Elle a quand même été aspergée de White Spirit et on lui a jeté un mégot incandescent au visage pour tenter, en vain, de l'enflammer.
Là aussi, il y a eu comme un silence assourdissant de l'Etat, et pour le coup, juste deux vaguelettes dans les média. Ca n'a pas excité grand-monde.
Aujourd'hui, ces même agresseurs n'auront qu'à manifester devant la salle du théâtre, ou même simplement annoncer qu'ils le feront pour que la pièce ne puisse pas être jouée. Et même avant que la pièce soit jouée. Ce sera "préventif".
Et là aussi « La République aura gagné » ?!?
Le manque de prise de hauteur sur des sujets aussi graves, en en restant au fait divers et à la petite polémique au lieu de réfléchir aux questions de droit et à tout ce qu'elles impliquent me désespère au plus haut point.
Ca gesticule, ça s'invective... Nicolas Bedos s'est trouvé une cause qui ne coûte pas cher et peut enfoncer des portes ouvertes avec un sourire satisfait. Mais personne ne se pose la question de savoir si ces décisions de droit sont dangereuses ou pas une fois que cet épisode médiatique sera passé. Parce que le droit restera, lui. Nicolas Bedos et Dieudonné, c'est moins sûr, et ça ne m'intéresse pas de le savoir; car ça, ce n'est pas un problème.
Vous allez dire que je vois le mal partout mais il n'a échappé à personne que tout ce cirque permet aussi (et surtout ?) d'occuper les esprits à d'autres choses qu'aux choses qui fâchent au quotidien la majorité de citoyens français. Et comme il y a des municipales bientôt, bon, ça peut aider à penser à autre chose. Et sinon l'affaire Dassault, tout ça, bon bein résultat ça fait beaucoup moins d'esclandre. Et Cahuzac, on en est où sinon ? Eh oh c'est bon, on a le droit de taquiner un peu ...
Des litanies enflammées de nos politiques et de nombreux "journalistes" sur la "République en danger"... Journalistes dont le métier est donc non pas d'informer ou d'analyser de façon critique mais de donner des leçons de morale et de politique ex abrupto dont on ne comprend parfois pas bien les fondements.
Des sujets de fond, ce n'est pas ça qui manque. Mais on les voit pas beaucoup dans les grand-messes des journaux télévisés (bon en même temps j'ai plus de télé depuis 2009 mais je suppose que rien n'a changé, c'est aussi pareil à la radio que j'écoute beaucoup plus). Et quand ils sont abordés, ils ne sont jamais étayés, et de toutes façons "synthétisés" en 2 mn parce qu'il faut aller vite au sujet brulant de l'accident d'autocar de Pelmouc-sur-Buzen ... Pourtant les gens seraient ravis d'en savoir plus sur la façon dont (au hasard) fonctionne l'industrie pharmaceutique, comment sont régulées (ou pas) les ententes entre opérateurs téléphoniques, les problèmes structurels dans les écoles et l'éducation en général, la question du fonctionnement des concessions autoroutières, des syndics de copropriété, les écarts de salaire entre les hommes et les femmes etc.etc.
Ou, en parlant de "République en danger", de la façon dont la dette est gérée, et comment les Etats ont prêté de l'argent pour renflouer les banques après la crise des subprimes, pour que ces même banques reprêtent ensuite de l'argent aux Etats, mais avec un taux d'intérêt multiplié par cinq .... alors que nombre d'Etats sont au bord de la faillite. Ce qui pour le coup est un danger bien réel, et bien pressant.
Bien sûr, si on s'intéresse à ça, on me rétorquera qu'on peut toujours fouiller par soi-même. Certes.
Ca ne m'empêche pas de penser qu'on peut attendre plus de journalistes bardés de leur carte de presse que des marronniers creux sur les cadeaux de Noël revendus sur ebay, ou des sujets hautement aussi inoffensifs que l'agonie de Choumacheure au CHU de Grenoble.
J'imagine ces gens lorsqu'ils étaient jeunes, l'oeil vif et la mèche pleine d'entrain.
"Je serai journaliste, je ferai des scoops, je dévoilerai des choses cachées ou secrètes, je parlerai de ce qui travaille la société, des rapports entre les hommes, des conflits, je serai même peut-être Grand reporter et je serai au front des guerres du monde."
Et puis finalement ...
"Je mange des kebabs sur le parking du CHU de Grenoble, il pleut et je me pèle le cul en attendant un éventuel communiqué d'un médecin, que je relirai in extenso avec mon joli micro, filmé devant le bâtiment. Avec mon pote cameraman, et mon pote preneur de son. Bon les gars, y en a marre des kebabs, ce soir on va au restau ou quoi ?"
Alors que la reprise d'une dépêche AFP faite dans un bureau aurait suffit. Mais non, il faut un journaliste filmé devant l'endroit en question, comme si ça apportait quoi que ce soit au problème (qui n'en est déjà pas un, en plus).
Mais je m'égare. Pas tellement puisque avant d'être un problème de droit, on a malheureusement vu que toute cette question est aussi un grosse question médiatique.
Contre toutes les envolées stupides (qui en fera le plus contre Dieudonné ?) je n'ai trouvé que peu de gens "publics" ayant un point de vue censé sur le sujet : Alexandre Astier et Bruno Gaccio. Je vous invite à visionner cette entrevue de Gaccio (en date du 9, soit période circulaire, avant l'arrêt du Conseil d'Etat) du qui finalement résume assez bien le fond de ma pensée, vous la trouverez en bas de ce billet.
Il y exprime une position sur la liberté d'expression qu'aurait pu soutenir un Voltaire (dont ne suis pas plus fan que ça dans l'absolu, ceci dit), un Voltaire qui repose au Panthéon de la République, mais dont par contre les propos foncièrement et méchament antisémites sont consultables et achetables dans toute bonne librairie et bibliothèque. Donc si nos responsables politiques avaient une vraie ligne de conduite et des principes qui ne changent pas en fonction du sens du vent, ils devraient dire (à tort) : interdisons l'accès et la publication de tels propos (qui vont environ mille fois plus loin que ce que peut dire un Dieudonné, soit dit en passant).
Au cas où vous ayez la flemme de cliquer sur le lien, voici un extrait choisi :
"Vous ne trouverez en eux qu’un peuple ignorant et barbare, qui joint depuis longtemps la plus sordide avarice à la plus détestable superstition et à la plus invincible haine pour tous les peuples qui les tolèrent et qui les enrichissent."
(Dictionnaire philosophique, 1769, éd. Moland, 1875, t. 19, chap. Article "Juifs", p. 524)
Ca pue, ça craint.
Mais pourtant je suis pour que ceci puisse être lu, publié, débattu, contredit.
C'est un principe. Soit il est absolu, soit il n'est pas.
"La République en danger" ... Calmons-nous, on croirait entendre Maximilien en 1793.
Là, messieurs il s'agit d'une interdiction d'un spectacle de Dieudonné. De lycéens qu'on accuse d'Apologie de Crime Contre l'Humanité et qu'on met en garde à vue pour avoir fait le geste de la fameuse "préparation culinaire en forme de boulette de forme généralement allongée, à base de différents ingrédients, typique dans la cuisine traditionnelle de plusieurs régions françaises".
Il faudrait voir à respirer un peu par le nez. Et au lieu de procéder à des excommunications politiques, médiatiques, et juridiques, essayer de voir plus loin que le bout de son nez (entendez : les municipales ou "mon futur politique à moi que j'ai").
Finalement, s'il y a quelque chose de 1793 qui met la République en danger, ce n'est pas le danger que voit (et entretient à dessein) Emmanuel Valls.
"La République a gagné".
Je me demande bien quoi.
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VIDEO interview Gaccio (allez à 3'45'' pour le sujet évoqué ici )
VIDEO interview Astier
21 déc. 2012
La fin du monde
FIN DU MONDE A GRENOBLE / L'actualité en temps réel
9h22.
Toujours pas de scènes orgiaques avec des gens qui sniffent de la poudre sur le cul des meufs dans la rue, tout en vomissant partout en mode rien-à-foutre.
La journée parait tout à fait normale jusqu'à maintenant.
En direct de Grenoble pour Fin Du Monde Bullshit News, Mojo Jojo.
FIN DU MONDE A GRENOBLE / L'actualité en temps réel
Les premiers signes apparaissent.
A l'arrêt de tram Alsace-Lorraine, vu 4 jeunes monter dans le tram sans titre de transport. Les 4 chevaliers de l'Apocalyspe ?
En direct de Grenoble pour Fin Du Monde Bullshit News, Mojo Jojo.
FIN DU MONDE A GRENOBLE / L'actualité en temps réel
Les signes se confirment.
10h48. Cours Jean-Jaurès.
Madame Michu, rentrant dans la boulangerie, se penche en direction de son chihuahua (dont l'intégrité anale est, pour l'instant, toujours intacte) et lui dit ces mots :
"Mékicékifépipisurlavitrine ? Cémontoutoumonkiki méoui méoui rhoooooo kidibouuuu lekikivaavoirsapatéhamidi fébizoukiki fébizou".
Les personnes présentes sont glacés d'effroi. Un silence de mort s'abat dans la boutique.
Je vois une goutter perle sur le front luisant de la boulangère, qui laisse échapper un miche au sol.
La vieille parle-t-elle "en langues" ? (Corinthiens 12, 10 / Apocalypse 5, 9.) ?
Est-ce un code de la Nasa pour les rencontres extra-terrestres ?
Non, l'accent ne trompe pas : il s'agit bien d'un dialecte Maya ancien !!!
Voici le résultat donné par Google Traduction :
""Poils patate, manger du foin et vitamine C complémentaire retraite, gramophone sous MS-DOS divisé par 13."
Si vous ajoutez les voyelles divisées par les consonnes en tournant sur vous-même, vous obtenez ... 666.
Ai-je besoin d'en dire plus ?
En direct de Grenoble pour Fin Du Monde Bullshit News, Mojo Jojo.
FIN DU MONDE A GRENOBLE / L'actualité en temps réel
J'entre chez le barbier d'un pas décidé.
Zut, je me suis trompé de vitrine, et me voilà chez "Zin coiffure" (étrange, ce salon de coiffure n'a pas fait de jeu de mots douteux ...) manifestement spécialisé en crête laquée à la Ronaldo.
Stupéfaction des coiffeurs qui pensent voir entrer le diable en personne, car comme le dit la Bible (Lévitique 14 : 9)
"Le septième jour, il rasera tout son poil, sa tête, sa barbe (Zaqan), ses sourcils, il rasera tout son poil; il lavera ses vêtements, et baignera son corps dans l'eau, et il sera pur."
Je ressors aussi sec, de peur de me faire lapider.
A ce moment là je recroise Madame Michu qui fouille dans son sac "imitation peau de serpent" pour y chercher un mouchoir.
Le signe est clair : conspiration reptilienne + symbôle de pureté vierge : l'heure H approche.
Autant aller engloutir du vin chaud et des diots au Marché de Nöel, s'enduire le corps de confiture d'oignons et de moutarde au miel en chantant "The Final Countdown" à gorge déployée.
En direct de Grenoble pour Fin Du Monde Bullshit News, Mojo Jojo.
FIN DU MONDE A GRENOBLE / L'actualité en temps réel
Plus de place pour bouffer au Père-Gras. Le mexicain est complet, on doit se rabattre sur une pizzeria à rombières, prétentieuse et pas bonne. Le vin chaud et le houblon nous aident à oublier. Les pizzas sont trop cuites, une forte odeur de cramé remonte à nos babines alors que des femmes étranges à la peau orange et aux lunettes greffées sur les cheveux (ont-elles QUATRE yeux en réalité ???), portant des griff... des ongles démesurés parlent de vendeuses, de boutiques, de 4X4 Audi et de liposuccion.
Ces femmes mutantes sont sans aucun doute des envoyées du malin, leur charabia n'est là encore qu'un langage codé.
"Je crois que François trompe sa femme avec la nouvelle préparatrice de la pharmacie" : si on passe ce texte dans Google Traduction en Maya on obtient "Twist à Saint Tropez sans passer par la case départ.".
Limpide.
Trop limpide.
En direct de Grenoble pour Fin Du Monde Bullshit News, Mojo Jojo.
FIN DU MONDE A GRENOBLE / L'actualité en temps réel
Sur le trottoir, un berger allemand répondant au doux nom de Sultan se convulse en frétillant, pour expulser un étron manifestement retors.
Son maître, l'oeil torve et le verbe haut, l'encourage au milieu des passants : "Allez vas-y mais pose-la ta merde !!! Allez allez !!!".
Personne ne moufte.
Les digues ont lâché. Plus de retenue.
Par peur de voir la contamination se répandre de mes propres yeux je remonte en courant au bureau, imaginant déjà les badauds baisser promptement leurs falzars et s'encourager mutuellement dans un tonnerre de cris rauques et libérateurs, à peine masqués parle bruit flasque de leurs déjections s'abattant sur la chaussée.
En direct de Grenoble pour Fin Du Monde Bullshit News, Mojo Jojo.
7 sept. 2011
QUEBEC 2011 / rapport / jour 09
Après une nuit d'environ deux heures je me réveille tant bien que mal sous la tente de jardin, et il fait déjà méchament chaud. J'ai soif, j'ai un cou en carton, et une envie de pisser à fendre des bûches.
Je vais jeter un oeil dans la tente pour voir si Dimitri est encore en vie. Manifestement oui. J'ouvre les zips de la tente au maximum pour qu'il ait un peu de frais et ne finisse pas déshydraté.
Je vais jeter un oeil dans la tente pour voir si Dimitri est encore en vie. Manifestement oui. J'ouvre les zips de la tente au maximum pour qu'il ait un peu de frais et ne finisse pas déshydraté.
Je chausse mes lunettes de soleil pour rentrer dans la maison des parents de Rémi, car je dois avoir une sacrée tronche de Zombie. Après un bonjour poli je file directement à la salle de bains pour une douche salvatrice. J'enchaine avec un café et une beurrée de peanuts, pas plus. Je suis un peu en vrac.
J'évite soigneusement les rocking-chairs et me vautre dans un canapé. Je suis VRAIMENT en vrac.
Au bout d'un moment (ça a pu durer deux minutes ou une heure) je file réveiller Dimitri car on doit filer chez Mark & Kim qui nous attendent pour manger et aller se baigner, si j'ai bien compris ce que m'a dit Rémi. Mais je suis plus trop sur.
Je reprends un café.
Dimitri met environ deux plombes pour se lever, déjeuner et se laver.
Son côté féminin qui ressort, sans doutes.
Je ne saurai vous dire ce que j'ai fait en attendant, mais surement pas grand-chose.
J'évite soigneusement les rocking-chairs et me vautre dans un canapé. Je suis VRAIMENT en vrac.
Au bout d'un moment (ça a pu durer deux minutes ou une heure) je file réveiller Dimitri car on doit filer chez Mark & Kim qui nous attendent pour manger et aller se baigner, si j'ai bien compris ce que m'a dit Rémi. Mais je suis plus trop sur.
Je reprends un café.
Dimitri met environ deux plombes pour se lever, déjeuner et se laver.
Son côté féminin qui ressort, sans doutes.
Je ne saurai vous dire ce que j'ai fait en attendant, mais surement pas grand-chose.
Je sais même pas comment on est arrivé à Alma, par contre on est arrivé à la bourre, mais Mark a le sourire aussi radieux que le ciel au dessus de nous. On évite donc soigneusement de lui dire qu'on a encore paumé une de ses cymbales, faut pas gâcher le tableau.
Je ne sais plus si on a dormi ou fait quoi que ce soit l'après-midi, ce que je sais c'est qu'on a vraiment pris une sacrée reculée la veille. Qui nous a permis par contre de gagner le droit de revenir au VOX pour jouer mercredi, en mode acoustique. Et en plus ils vont fêter leurs 25 ans le même jour.
Mon Dieu ... Prenons des forces.
Mon Dieu ... Prenons des forces.
Pour ça, on est en de bonnes mains. Kim & Mark sont aux petits soins pour nous, et préparent pour le soir un super barbecue de Saumon et divers légumes, dont des asperges affriolantes. C'est vraiment les vacances: on a la tête dans le sac mais rien à faire, rien à planifier, tout arrive tout seul, il fait beau, on se marre, on écoute de la bonne musique, on se marre encore. Le repas de ce dimanche soir est un vrai festival, la chaleur humaine et la nourriture délicieuse (ET SAINE) nous redonnent tellement de forces qu'on arrive à dire des âneries jusqu'à tard, à en avoir mal aux mâchoires, ça fuse dans tous les sens.
Surement à cause des petites épices du barbecue ....
Merci encore, Kim & Mark, ce fut un grand moment de bonheur.
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