14 sept. 2008

ILS ME CHIENT SUR LA TETE : café de la place verte (Paris XI)

Un dimanche matin ensoleillé, une légère brise septembre. Nous voilà en route avec enfant et grand-parents paternels pour aller batifoler au parc des Buttes-Chaumont. J'aime bien la Place Verte, et il se trouve que c'est sur notre route, et que j'y ai déjà dégusté un magnifique steak tartare avant un concert de The Locust au Nouveau Casino, qui est à 10 mètres. La terrasse est quasiment déserte, il est 11h50. Les fêtards son pas encore levés pour un café salvateur, les familles sont à la bourre, bref, c'est peinard, on peut choisir deux tables pour se caler à 4 avec la poussette à côté. Je soupire, ça sent la journée relax, les arbres frétillent à peine et le soleil tape juste comme il faut.
Un serveur s'approche, lunettes carrées syndicales du XI arrondissement, le pas vif.
"Vous pouvez pas prendre deux tables pour 4 il faut vous mettre à 4 sur une seule table plus grande comme ça" dit-il en désignant d'un coup de tête agacé la seule table du genre, déjà prise par ... seulement deux personnes.
Et ce sur un ton de gendarme mal luné sur bas-côté d'autoroute pluvieuse. Vous aurez noté aussi l'accroche commerciale très tendance qui consiste à considérer que dire bonjour, ça doit faire ringard et que c'est juste bon pour ces gros cons de provinciaux quand ils sont chez eux. Mais moi je suis un sale réactionnaire qui s'assume, je considère que dire bonjour poliment est la moindre des choses, ici comme ailleurs.

Je vous le fais rapide : j'ai déjà envie de me lever, de lui arracher ses lunettes, de lui envoyer un pain, et de partir ensuite nonchalamment au restau' juste à côté, siroter un apéro en le regardant récolter les bouts de verre étalés sur sa terrasse de merde. Le tout en faisant voler la fumée de ma clope dans les rayons du soleil d'un air dégagé, la main encore tremblante d'une adrénaline peu reluisante mais Ô combien défoulatoire.
Mais bon. Les parents sont là, Pénélope est à côté, et Caro a pas envie de se taper la honte et d'avoir un dimanche gâté. Je ronge mon frein derrière mes lunettes noires. Et puis ça va passer quoi. Relax, mec.
"On en prendra une quand il y en aura une de libre" répond mon père gentiment. Moue agacée du serveur qui aimerait bien qu'on se casse, surement parce qu'on a une poussette. Une fois le tocard parti on se demande légitimement comment il fait quand deux personnes arrivent à une table de deux ? Il force un passant à bouffer avec eux pour optimiser sa terrasse ? Sa terrasse est quasi vide alors qu'est-ce qu'il nous gonfle ?
Bon, l'énervement passe même si je propose direct de chercher un autre endroit, quand ça commence mal, en général ça finit mal.
En tout cas ça continue mal : on se déplace de nous même à la FAMEUSE table vaguement plus grande, qui n'est pas au soleil. Elle est pleine de la merde des précédents.
Le temps passe. Et repasse. Ca fait pas un pli, c'est vraiment mal parti. Une demi-heure, personne n'a pris notre commande, notre table est crade. Pourtant quasiment personne ne mange et il y a trois serveurs.

Respire, Seb, respire. De fait je me lève et vais faire le tour du pâté de maison en fumant une clope car je suis à deux doigts d'entrer dans ce rade en gueulant "Oh vous allez vous le bouger votre gros cul bande de gros nazes ?!?"
On se calme.

Je reviens à la table, elle est nettoyée, miracle. Mais la commande n'as pas encore été prise, la sevreuse qui a nettoyé n'étant "pas habilitée à prendre les commandes" (je cite). Comme quoi Henry Ford aura fait des émules jusqu'en 2008 dans le XI arrondissement. Je pense qu'un jour il faudra un serveur exclusivement dédié pour répondre à la question "où sont les toilettes siouplait ?". Un autre habilité à changer le rouleau d'impression des tickets de caisse aussi.
La commande se fait enfin. On papote gentiment. Je vous rassure, sur le coup on n'a quand meme pas fait ne énorme fixette la dessus. Ça gavait mais bon, allez, hein.
Une autre serveuse arrive à la table à côté, la nettoie et range les chaises et nous lance tout de go (sans le moindre bonjour ni autre formule de politesse ni même un gramme de conditionnel)
'"il faut pousser vos chaises et les tourner parce que là les gens ils vont pas avoir assez de place sur cette table ci et ..."
-Mon père :"Non c'est bon là on a déjà été déplacés, on a attendu c'est bon"
-La serveuse fait la gueule et regarde mon père comme une grosse merde de Bosseron.
Encore une seconde de ce regard et je te fais bouffer ton tablier, grosse conne. Elle se retourne et se remet à astiquer sa table. Tout-doux, tout-doux...
Je commence à vraiment bouillir, c'est pas vrai ces connards apprentis artistes vont pas me péter ma journée non putain de bordel de merde ?!?
Une voix au loin (pourtant proche) : la serveuse qui parle tout haut dans son coin genre ils vont m'entendre : "non mais c'est comme ça il faut respecter la terrasse c'est tout!" et elle part limite en courant.
Ma mère toussote, et mon père comprend alors qu'il vaut mieux pas piper un mot. Il est un peu comme moi donc il ferme sa gueule au lieu de foutre un esclandre de première qui va pourrir la journée de tout le monde. On est en famille, riiiiilax.
Et la bouffe arrive, puis l'addition.
Non, pour le café on ira ailleurs, merci bien.

Rien de bien méchant finalement. Qu'est ce que je viens vous bouffer votre temps avec des anecdotes aussi chiantes, anodines et sans le moindre rebondissement (coups de poings, insultes, bouteille de ketchup éclatées etc.) ? Quel grincheux tu fais mon dieu mais croque la vie à pleine dents et inch'allah mec putain riiiiiiiiilax !
Ouais ouais ok. J'en ai juste marre. Tu bosses toute la semaine. Tu vois tes parents (et donc grands-parents de la petite) tous les deux mois sur Paris. Tu rames ton cake financièrement. L'été a été pourri.
Alors le dimanche, au soleil, en terrasse, le serveur, il est aimable et il me sert. S'il est pas jouasse il va bosser au Mc Do Oberkampf, là bas tu sais que tu seras mal servi donc c'est pas grave, il sera à sa place.
Le pire c'est qu'il faudrait justifier quelque chose.

Non mais dites moi que vous avez aussi ces envies de meurtre! Car je me plains mais moi, bon, ça peut aller maintenant. Mais si je m'imagine avant avec les pires boulots de merde en usine ou au péage ou quoi, si j'imagine un mec qui bosse dans le BTP dehors toute la semaine, comment se fait-il que les pages du Parisien ne soient pas toutes remplies de faits divers comme :
"Après avoir attendu 40 mn et été traité comme une merde, un maçon dont la famille est menacée d'expulsion pour cause de loyer trop élevé transforme une bouteille de Ketchup en suppositoire pour serveur"
ou
"Ignoré superbement durant tout son temps de présence, ayant bu des demi à moitié vides et sans bulles ("à moitié plein et brassée selon une méthode ancestrale" selon l'avocat du plaignant) à l'apéritif, avoir mangé un repas infect ("une spécialité culinaire Ouzbek" selon l'avocat du plaignant) servi comme à un cochon ("dans la précipitation dûe au coup de feu de midi" selon les avocats du plaignant) un routier smicard qui venait de passer 13 jours consécutifs dans son camion en retour de Russie, a tenté d'immoler une serveur avec le rhum de son baba ; après avoir détruit minutieusement la vitrine de l'établissement X à coups d'omelette trop cuite et de pain rance".

Je devrais être habitué mais non, je m'y fais pas. C'est même pas l'histoire "d'être commerçant", expression très conne au demeurant. C'est histoire d'être juste poli et de me sacrer un crisse de paix quand c'est mon dimanche tabarnak!
Ah oui habituez-vous, je sacre en québecois de temps à autre (je vous expliquerai).


Notre ballade dans Belleville puis au parc des Buttes Chaumont me réchauffe rapidement le cœur après ça. Les café et limonades que nous y avons pris ont été servis par des gens tout-sourires, serviables et rigolos. Il y avait que des blacks, de juifs, et une pelleté de chinois et je me sens vachement à l'aise. Ambiance "yapa d'problime / à vot'service" qu'on croirait extraite de la pub Hassen Cehef des Nuls.

J'ai repositivé en repensant au repas de la veille (quand les grands parents sont là ils payent le au restau' comme vous aurez compris) au très Café-Crème dans le III, où vous êtes toujours bienvenus meme avec un enfant "pas de problème dedans on a une chaise haute et ya pas de souci pour la poussette vous voulez aussi les marionnettes de doigts pour l'amuser ?". Déambulation ensoleillé au parc de Buttes Chaumont, entre poneys guillerets, bulles de savon primesautières, spectacles de marionnettes enjôleurs, canards joyeux et poissons qui frétillent.
La campagne me manque.
Et comme quoi finalement tout finit bien, en redescendant du parc vers la rue de Belleville je vois cette affiche devant le café théâtre La providence :

Et mon coeur s'emplit de joie.

13 sept. 2008

blogspot me voici

Me voici sur blogpost, tremblez chenapans !
Je bidouille deux trois trucs pour voir à quoi ça peut ressembler et j'ai déjà un coup de flemme avec le .css (un machin de mise en page et mise en forme des textes pour les non-initiés aux non-joies de l'édition dans le monde merveilleux du web).
Ca m'a l'air d'être assez clair et simple comme présentation, non ? mmmmm ?
Je tente même l'incrustation d'image. Mais que choisir ?
sebdos
yes ok boy ça a l'ai de marcher. Attention je tente le fameux 'embed' youtube

Quoi?! Quoi?! éééééééééh-oh c'est bon j'ai ça dans le crâne depuis ce matin!!! Pénélope adore cette chanson, et j'avoue qu'elle me plaît pas mal aussi. Honnêtement vous résistez à ce refrain et à la gueule des pitit zanimaux ? Non ? Z'avez pas d'coeur ou quoi ? (toute les videos kidibou de Bernard Derriman ici)

Revenons à nos web-moutons : ça a l'air moins chiant à éditer que les blogs mY$pAcE.
Question existentielle : reposte-je ici l'ensemble des posts justement déjà postés là-bas ? Comment ça du recyclage facile ? Eh-oh c'est moi qui les avais écrit déjà alors doucement les gars !
Me contente-je de mes longs posts ou verse-je aussi dans le billet d'humeur plus régulier ?
On verra bien.

23 août 2008

RAGE AGAINST THE MACHINE 2008

RATM a été ma "maladie infantile du communisme" , pour paraphraser Lénine, qui s'y connaissait, ou en tous cas pensait s'y connaitre.
Flash-back, prix en francs, avant internet, l'euro et toutes ces merdes : nous sommes le 7 juin 1993 : torpeure estival et canicule.
Nastase aux pieds, on monte de Grenoble "en force" voir sur scène LE groupe qui nous a mis LA claque 6 mois plus tot sur un album qui restera quoi qu'il en soit dans les annales.
Journée TGV-metro-pigalle-direction-Zenith de tout bon provincial en goguette.
Les fils de prolos vont s'éclater chez les bourges. Enfin on voyait ça comme ça, nous.
Et nous-y voilà : un Zenith chaud et plein à craquer. Pas de femelle à l'horizon, comme d'habitude à l'époque, que du kid de 20 ans maximum, prêt à en découdre : ça va chier!

En première partie : Helmet.
Rien à foutre.
On veut RATM. Même Joey Starr, juste derrière moi, veut RATM.

Changement de plateau. On n'en peut plus. On veut RATM.
On veut voir le monde s'écrouler maintenant. On veut tout changer, tout casser, on veut en être. On va vraiment tout casser. On est dans les starting-blocks. Je sais pas où vous etes mais vous allez tous payer. ICI PASSSAGE AUTO-CENSURé. Pour ma vie à 400 francs par mois. Pour un avenir de merde. Pour tout, pour n'importe quoi. Je sais pas où vous êtes mais vous allez prendre cher. Et même pour les heures de colles et mes conneries à moi, vous allez ramasser. Je vous emmerde tous.

Putain montrez-vous!!!
Je vais vous éclater la tronche! ce soir je suis avec RATM, ce soir je suis RATM!
  ----------------- Noir complet -------------------
BAM!!!
Un coup de tronche.
Comme le filet de sang qui coule derrière le nez après un bourre-pif. Comme un orgasme démultiplié. Comme un saut à l'élastique depuis la lune.
45 minutes d'un set à faire tomber des tours jumelles.

A l'époque j'ai pas encore de lunettes et ça pogote même au niveau des sièges. Je me défoule comme un malade en me jetant sur tout le monde. D'ailleurs tout le monde se jette sur tout le monde et j'en ai les oreilles qui saignent : chaque gorge, chaque poumon éructe "FREEDOM!" "FIGHT THE WAR !!! FUCK THE NORM!" "WAKE UP!" et l'inévitable final "FUCK YOU I WON'T DO WHAT YOU TELL ME!!!".
Avec une ferveur de membre de secte. Quelque chose d'unique. Comme un embryon de moîte tempête tropicale que chacun doit faire croitre avec toute la force de sa volonté, mettant les corps au service d'un déluge de décibels déflagrateurs.
Le monde ne résistera pas. C'est impossible.

Avance-mega-rapide : 20 août 2008.
Comme vous l'aurez deviné je suis un peu plus vieux, j'ai des lunettes sur le pif mais toujours autant de cheveux.
Ce soir je vais à RATM.
Toute la journée j'ai essayé de refourguer ma place achetée deux mois auparavant. sur internet et en euros, pour bien situer le changement de planète par rapport au paragraphe précédent.
Je le sens pas finalement. En plus ils annoncent de la pluie et c'est en plein air.
Eh ben makash : personne n'en veut de ma place. J'vais y aller alors, en plus Tommy mon innénarable-collègue-de-boulot-et-néanmoins-ami me fait du chantage affectif. Pourtant ils ont fait plein à Bercy deux soirs de suite en juin dernier et tout le monde s'était fait enculer sur le marché noir de ebay. Allez zou ! Saint-Cloud nous voilà ! Odeur de merguez, déchets alcooliques partout, queues interminables, et pas moyen d'acheter un bière en moins de trente minutes. Pas de doute on est bien à Paris.
Mix Master Mike achève son mix de fête foraine sans rapport à l'heure où on pointe notre blaze. C'est pratique d'avoir un nom cool et d'avoir participé à un groupe culte : tu fais n'importe quoi pendant une heure en poussant 15 disques dans le désordre et tu repars avec quatre fois le salaire annuel de 10 des 40 tricards qui on monté la scène pour ta gueule toute la journée. Respect.
Pour les groupes d'avant : cf. chapitre précédent : rien à foutre. Pourquoi mater un Playboy avant d'aller poutrer Pamela Anderson en VRAI ?
Je jette un oeil aux stands de merchandising : 30 euros le t-shirt, 30 euros la casquette. J'apprendrai le lendemain (source : le site de Rock-en-Seine lui-même ) que c'est RATM qui a fait en sorte que tous les artistes s'alignent sur leur prix. Je vous vois frétiller : "ouais c'est des mecs bien ! ils ont fait baisser les prix des autres pour que tout le monde puisse acheter etc.". Non-non pas du tout calmez-vous, les autres ont du s'aligner, mais en hauteur. Avec un tirage que j'estime à 30.000 ex. (fourchette super basse) pour la tournée+vpc et licence directe de leurs produits; ça nous fait grosso-merdo un prix de revient égal à 2 euros grand maximum au vu la qualité. Vendu sans intermédiaire et sans frais (un pélo au stand qui coûte deux t-shirts TTC par soir) je vous laisse en tirer les conclusions qui vous passent par la tête. Ceci dit à ce moment précis je ne le sais pas encore et je me dis juste que pour le kid, c'est soirée à 100 euros juste pour voir le concert, avoir un t-shirt et manger une merguez, ce qui fait moyennement "Rage Against the Machine". Et vu que c'est négocié en exclu pour Rock-En-Seine, rajoutez le train ou la bagnole pour 2/3 du public.

On se positionne vers la console son, un peu à gauche par rapport à la scène.
Sur les écrans géants, un teaser video improbable. Un machin irregardable, inécoutable, manifestement monté par un stagiaire qui n'a pas saisi les subtitilités de l'encodage video ni de l'encodage sonore, vantant les mérites du prochain TRUST sur fond de "Antisocial". Titre qui m'a pourtant l'air d'être sorti avant le prochain album. Non ?
  ----------------- Noir complet -------------------


Bon déjà je suis moins excité qu'en 93. Pas que j'aie moins la rage hein; limite plus. Avec 8 mois passés à trouver un appartement sur Paris, avoir éclusé 32 agences immobilieres et déposé autant de dossiers sans suite, m'être coltiné toutes les remarques de merde de ces tocards (et je reste poli) de l'immobilier, j'ai normalement ma dose de rage à évacuer. Pour une liste complète, il y aura un autre blog, sinon ça va vraiment être long, car je sens que je m'emballe en longueur.
Juste que bon, depuis 93 les RATM ont sorti un album et demi, et fait plus de merchansising que de musique. Je le sais d'xpérience : j'ai qu'un album à la maison mais j'ai deux t-shirts et un manche-longues.
J'attends juste que ça commence quoi, alors que la première fois j'avais refait le concert dans me tête 400 fois avant de le vivre. Un peu comme à mon dépucelage.
La j'ai déjà donné, donc va falloir assurer, cocotte!

Mais ça commence mal.
Mise en scène : nos quatre lascar sous contrat de disque avec Sony et booké par ITB, compagnies bien connues pour leurs activités altermondialistes d'extrême gauche, se pointent en tenue de prisonnier de Guantanamo. Ils restent immobiles au milieu de la scène une bonne minute avant d'entamer le premier titre ainsi vêtus. A la combinaison orange qu'on trouve maintenant dans toutes les boutiques rock de la rue Keller, se rajoute un sac noir sur la tête.
Ca doit vouloir dire que les Etats-Unis c'est rien que des vilains et que Guantanamo, qui n'est pas réluisant certes, c'est là ou on enferme tous les gens qui veulent changer le monde et tous ceux qui ragent contre la machine. Ou comment renverser la singularité en généralité, voir plus loin.
Simpliste ? Je sais pas. Un peu couillon, oui.
Non c'est vrai moi j'ai des potes ils ramassaient des champignons dans le Vercors eh ben paf ils se sont retrouvés à Guantanamo. Ah ouais j'te jure ! Les ricains c'est trop des niqués tséééé ! Ouais sérieux avec les américains c'est trop la dictature!
Et pourtant oui, Guantanamo c'est la honte. Mais en faire un outil marketing ....
Pour le marketing de RATM, le Che (décliné à l'infini en tshirt et libre de droits puisque la célèbre photo de Korda ne lui a jamais rapporté un centime) avait déjà déblayé le terrain et rempli pas mal de garde-robes d'adolescents et de jeunes, dont moi, de 1991 jusqu'à maintenant. Là il est relégué sur la grille du Marshall de Morello (qui a gaffé la marque sur la tête de l'ampli ceci-dit).
vieille photo où la tête n'était pas gaffée mais sérigraphiée avec une combattante zappatiste


Bref.
J'ai pas envie de vous faire deux heures là dessus parce que il faut savoir de quoi on parle et que ça prend du temps d'apprendre avant de comprendre et que là, ni vous ni moi ne sommes la pour ça. On va résumer ça en discussion de comptoir personnelle : leur plan Bioman-Guantanamo je trouve ça débile, POINT.

Donc bon déjà ça me casse l'ambiance. La mariée arrive sans s'être fait le maillot, en rotant, en racontant que si elle a du jus de kiki sur sa robe c'est la faute au chien de Robert qui l'a confondu avec la femelle caniche de Germaine, ben- voyons. Et qu'en plus je pue de la gueule parce que j'ai pas voté comme il faut aux dernières cantonales.
Pas trop la gaule quoi.
Avant, en 93, elle arrivait et paf, t'étais sur le pieu avec un braquemard à te vider tout le sang du corps.
Musique.
Ca joue toujours grave, ok pas de problème. Même si le batteur met un point d'honneur à tout jouer trop dans le fond du temps, bien à l'américaine : "tu l'as bien vu arriver mon double coup cymbales-grosse-caisse bien retenu ?" Enfin ça, passe encore, mais il y a eu quelques glissades de tempo qui ont même fait sursauter Morello, par contre toujours aussi impérial et impressionant. Rien à dire, c'est toujours un OVNI à la guitare, respect total et magie de le voir en action. Et ce malgré un look toujours aussi à chier. Pour ça, ça a pas changé depuis 93, merci Tom. La seule faute de goût vraiment impardonnable qui entachera à jamais Tom Morello, c'est Audioslave . Si vous connaissez pas, tant mieux. Le gars a l'air sympa, s'investit socialement et politiquement pour de vrai : http://axisofjustice.org/.

Bon je suis quand même loin de la scène (rappelez-vous, maintenant j'ai des lunettes) et ma mayonnaise ne prend pas, je commence à en avoir ras-le-cul d'être debout sur les morceaux que je ne connais pas (ils doivent être issus du "Battle Of Los Angeles"), et j'aimerais bien me boire la bière que j'ai pas pu choper à l'entrée vu l'émeute aux bars. Par moments, ça me reprendrait presque, sur mes morceaux préférés du premier album. Mais non. Perdu au milieu des 30.000 personnes il y a quelque chose qui ne passe pas dans les éructations anti-systeme de Zach de la Rocha. Malgré un énergie évidente que je ne dénie pas.

Voix à la M6 : "Et puis soudain c'est le drame".
Noir complet puis drapeau de fond de scène (dites "backdrop" pour vous la péter entre amis) qui monte lentement du sol, frappé en son centre par un étoile d'un rouge incandescent.
En hommage aux enfants qui ont fabriqué leurs t-shirts en Chine ?

Attendez c'est pas fini : voilà que dans la sono résonne "L'internationale". Et en russe, s'il vous plait. Pour faire "encore plus vrai" ? C'est très con puisque l'originale est française.
On distingue quelques points levés et des tentatives de reprise en choeur, pas évidentes pour les non-slaves. Je suis atterré.
C'est vraiment le grand gloubi-boulga gauchiste d'opérette. Mais qui va gober des salades pareilles ? Je ne parle même pas du fond encore mais comment peut-on penser que ces mecs soient vraiment communistes, intègres ou je sais pas quoi avec des places de concert vendues à 50 euros avec leur consentement ? Et souvenez du merchandising. Chacun des musiciens va repartir pour cette seule soirée avec grosso-merdo 80 ou 100.000 euros dans la popoche, puisque le cachet hors-frais devrait osciller largement au-dessus des 500.000 euros (largement car cette date ext exclusive). Oui oui camarade : 100 mois de ton SMIC, plus de 8 ans de ton salaire. Ca leur fera130 à 150.000 dollars chacun (merci le taux de change). Et ils viennent me chanter l'Internationale ? En russe ? A moi ? Tout ça au milieu de ballons flotants MTV ? De stands Heineken ? Je rêve ou quoi ?!!?!!??!!
Là pour le coup merci les gars j'ai VRAIMENT la rage et juste envie d'aller vous péter les dents.
Mais finalement je décide juste lâchement d'aller pisser et de me chercher une bière à 5,50 euros.
A déguster, donc.

Non mais merde ça y est je peux plus arriver à me sortir ça de la tête.
Me dites pas "ouiiiii mais c'est pas l'étoile rouge soviétique ou chinoise c'est celle du drapeau de l'EZLN zappatiste"; ils le disent même dans Wikipedia. Oui mais alors pourquoi l'Internationale en Russe ? En plus bon, je vous raconte pas ma vie (en fait si, merde, j'avais pas fait gaffe) mais niveau communisme je m'y connais un peu. J'ai lu (et pas survolé) Lénine, Bakounine, Marx, Engels et tous leurs amis à grosse barbe. J'ai même été sympathisant très proche avec deux de mes meilleurs amis alors au PCF justement à l'époque du premier concert. Je m'y suis intéressé durant tout mon lointain cursus universitaire où j'ai fait moult études sur la pragmatique du discours révolutionnaire, de Robespierre à Lénine. Donc bon.
Après vous me direz "oui si ça se trouve leur énorme cachet il est reversé à des oeuvres, à l'EZLN, où à des pauvres dans la rue; et puis ils vont pas jouer pour des clopinettes juste pour jouer aux pauvres".
Mouais. Je demande à voir. Manu Chao, qui lui me parait intègre de bout en bout, a la descence de chanter le peuple et pour le peuple dans les même conditions scéniques, mais à deux fois moins cher. Ca doit donc bien être possible pour eux non ? Quant au merchandising, vraiment, j'aimerais voir l'étiquette. Sur leur site www.ratm.com à la section ACTION ... il n'y a rien. A la section FREEDOM c'est un concours pour envoyer tes expériences et initiatives pour la justice social etc. où tu gagnes le droit .... d'apparaitre sur le site. Mortel. ON dit qu'ils reversent leurs cachets à des oeuvres et des assos. Mais j'ai pas vu de preuves et j'espère juste que c'est vrai.
"Ouais et les matchs de foot c'est pire encore le salaire des joueurs."
Ouais-ouais, sauf que j'ai jamais vu Thierry Henry brandir un drapeau soviétique et appeler à brûler les patrons, ou mettre la tête des banquiers au bout d'une pique.
Quoi qu'il en soit, en plus de la forme, qui pour moi revient à voir débarquer un prêtre avec un gode-ceinture et encore un peu de coke sur le bord du nez au milieu d'une boîte pour prêcher l'évangile, le fond n'est pas plus reluisant.
Passons sur les paroles, écrites en pleine jeunesse et sous le coup d'une rage plutôt saine. C'est juste que quand Zach de la Rocha qui a bientôt 40 balais et donc eu le temps de se cultiver et réfléchir un peu depuis 93 (surtout qu'il a pas été débordé avec RATM ....) se met à tchatcher entre les morceaux, c'est juste insupportable. Encore et toujours ce gloubi-boulga gauchiste qui fait bien de RATM un groupe de fusion. Mais de fusion qui oscillerait entre le délire Dieudonné et la démagogie de Besancenot.
Exemple récent, pas à Paris car j'avais quand même pas un carnet pour noter, surtout qu'à ce moment là j'ai une bière à la main, mais il y a peu aux USA (speach au Lolapalooza le 8 août dernier ):
"...This new generation of blacks and latinos and Muslim brothers and sisters are gonna stand up and make this country an offer it can't refuse. An offer it can't refuse. So wake up! Wake up! Wake up!".
Recoupé à d'autres citations de ZDLR où les musulmans américains (qu'on croyait limités aux boxeurs noirs en prison qui se convertissent comme par obligation syndicale) semblent être la quintescence du concept d'Opprimé ultime aux yeux de Zach, on asssite progressivement à un glissement qui pourrait faire tendre à croire que le vrai prolétariat de maintenant, le vrai Opprimé, et donc celui qui a forcément raison dans la logique gauchiste, c'est le musulman, américain ou pas. Rappelez-vous l'introduction avec le déguisement orange qui faisait allusion (les pieds dans le plat) à Guantanamo. Anodin ?
Je ne dis pas ici que des musulmans ne sont pas opprimés ou qu'il est facile pour les musulmans américains de vivre leur foi, au contraire, je sais très bien que c'est vrai. Mais quel est cet amalgme à la noix qui fait du musulman quasiment conceptualisé la figure sacrée de l'Opprimé ? Surtout aux yeux d'un prétendu marxiste-léniniste qui devrait avoir en sainte horreur tout amalgame entre le "vrai prolétariat" et "les croyants" (peu importe la religion d'ailleurs). C'est quelle version de la lutte des classes là ?! J'ai loupé un épisode ?!? C'est comme si Marx en 1848 pétait un boulard en chantant dans les rues de Paris ou Londres que les vrais opprimés sont les catholiques puisqu'il y a des catholiques exploités par leurs patrons. On nage vraiment dans le n'importe quoi! On dirait du Dieudonné! On va pas s'embarasser des détails et encore moins des contradictions.
Dans le même speach, il renvoie fermement dos-à-dos Républicains et Démocrates pour les prochaines élections.
Intelligent.
On n'en est pas à un combat malheureux prêt avec RATM finalement. Muma-Abu Jamal, qui avait été leur fond de commerce passé un moment, n'a finalement pas l'air plus innocent que coupable, ou inversement. Je ne prends pas position sur sa culpabilité ou pas, je dis que personnellement, j'en sais rien, et personne ne m'a convaincu jusqu'a maintenant. C'est pas parce que, oui, son premier juge était d'extrême droite que PAF!, ça en fait un faux coupable, ça serait trop simple (démerdez vous avec ce dossier c'est trop long). Ca veut pas dire que je trouve le système judiciaire américain juste ni ce procès en particulier. Ou notre système économique et nos systèmes de valeurs ou quoi. Et encore moins Guantanamo. Je dis que RATM et surtout ZDLR aime bien jouer sur la corde raide, mais sans savoir bien maitriser l'équilibre.
Ca ne se présente pas à grands coup de truelles sur une scène où la démagogie semble masquer une certain hypocrisie.
Peut-être vois-je tout en noir, comme le groupe voit tout en rouge.

La rage je ne l'ai pas perdue. J'ai envie de prendre tous les gens autour de moi et leur dire "mais vous avez pas l'impression qu'on se fout de votre gueule ? et que vous payez cher pour ça en plus ?". Car le public de RATM CROIT au message de RATM, ne me dites pas le contraire. Moi en 93 j'y croyais et c'est aussi pour ça que j'aimais ! Et heureusement encore, comment faire autrement ? C'est un groupe clairement politique, engagé. C'est comme si vous me disiez "on peut/pouvait écouter Berrurier Noir et être au RPR (l'UMP de ma jeunesse)". Non on ne peut PAS.
Mais je n'adhère pas à cette bouillie simpliste que me scande ZDLR. C'est dommage hein, il a vraiment l'air d'y croire, et la musique s'y prête.
Et notre époque encore plus qu'en 1993 me semble-t-il.

A la fin que restera-t-il ?
Mes souvenirs du concert de 93, et l'impossibilité de tenir en place quand j'entends les bombes aboslues que sont les chansons du premier album.
Car elles ne vieilliront pas, ni leur message intrinsèque.
Mais RATM maintenant, et ZDLR maintenant, pour moi ça ressemble un peu au cirque Pinder avec une étoile rouge, Besancenot avec de la disto.

Je suis peut-être juste trop vieux. Je me suis pris la tête au lieu de bazarder mes lunettes et juste aller devant suer comme un boeuf, ruer comme un cheval, sauter comme un singe.
Mais j'ai l'impression d'avoir été pris pour un âne.

Et aussi bien j'ai eu tout faux.

J'attends avec impatience vos messages d'insultes.

27 avr. 2006

Mon Printemps de Bourges 2006 (jour 01)


Les noms des personnes du  milieu  musical ont été tronquées afin de préserver la vie des coupables.

    J'y étais allé en 2003 (APPLE JELLY était en découvertes) et en 2004 (promo pour la sortie de ELEVATE NEWTONS THEORY).
    Me revoilà  donc à  bloc pour FIRECRACKERS (promo du maxi en cours et démarchages pour l'album à  venir), Dynamusic (l'asso où je bosse à  mi-temps) et tant qu'à  faire Un dimanche (le label).
    C'est donc chargé comme un mulet que j'arrive dans le Cher en ce jeudi ensoleille. Il est 13 heures environ, et je trouve une place devant le Marlain, bar à  haute teneur strategique dont nous reparlerons plus loin. Je file chercher mon  pass  (72 euros les 2 jours, autant optimiser) dans le nouvel espace pro. Totalement nul ce nouvel espace pro d'ailleurs : un hangar à  la mauvaise déco gothico-cheap- à  néons bleus du pire effet : ça te donne un teint de cadavre alors même que tu es frais comme un gardon.
    Je ressors vite au soleil et me retrouve devant le stand plein-air de la CCAS où joue LIGA. Le monde est petit, je fais indirectement leur promo puisqu'ils sont sur compilation  Cuvée Grenobloise 2006  éditée par Dynamusic. Je repère tout de suite B.A. , journaliste dans un grand magazine musical gratuit, qui a l'air de prendre son pied sur l'electro rock de nos chers grenoblois. On se fait la bise, je suis vraiment content de le revoir ("ahhlallalalal qu'est-ce qu'on s'était mis aux éditions précédentes et aux Francofolies 2004 hein ?!?!") On retrouve ensuite toute l'équipe du même magazine (sauf le grand chef retenu à  Paris pour raisons de santé, on pense à toi S. ! ! !) et vraiment ça fait plaisir de revoir ces bons vivants et vrais amateurs de musique CM et le photographe PW.
PREMIER DEMI du festival. Apres, j'ai arrêté de compter.
    Direction la Maison de la Culture pour un pot-rencontre région Rhône-Alpes regroupant élus et associations diverses (diffuseurs, producteurs, éditeurs, tourneurs, etc.) Intéressant. Mais le lieu de la réunion est assez improbable : on est debout au milieu d'un couloir/mezzanine A  l'étage de  La Hune . Bref.
    Je fais mon tour promo à  la fin de la réunion en donnant à la volée dossiers de presse, CDs promo, badges, plaquettes, bios .
    Simo Billmister, notre fier manager, débarque donc au bon moment pour me rejoindre. Il porte un bermuda  "armée saharienne" , une chemise "lumberjack"  et un superbe « Stetson » bien courbe, d'une matière indéfinie. On risque pas de le louper, et moi de le perdre. Ceci dit mon  look  a l'air de faire son effet habituel puisqu'en 50 mètres on m'a déjà demande si j'étais Michael Moore ou Austin Powers environ 10 fois. Bref, les gens n'ont manifestement jamais vu de personnes avec des lunettes carrées, avec une barbe, et une casquette mousse.
    J'aurais au moins servi à quelque chose en apportant un peu d'exotisme aux habitants du Cher.
    Il se murmure qu'un pot alternatif a lieu vers le Marlain , à l'arrière du camion de lasso  M.  qui produit pas mal de bons concerts en Rhône-Alpes. On file directement là-bas vu que le "pot-rencontre"  dont je viens de parler était surtout "rencontre" et que le pot, il fallait se le payer tout seul, ce qui est tout de suite moins intéressant..

    Travelling avant, changement de décor : arrière de camionnette en plein air, vers le parking pro. Alcool à  go-go, et GRATUIT s'il vous plait. Ils sont venus ils sont tous là . Je suis content de revoir JB, qui bosse dans une grande salle lyonnaise : il tient la grande forme malgré un abcès aux gencives qu'il soignera à  la bière pendant trois jours, on reconnait les rockers.
Il y a du programmateur de salle, du promoteur : bref c'est reparti pour un tour promo mais bien détendu. On descend de 50 mètres et on se retrouve au Marlain, LE bar.

    Pourquoi LE bar ? AHAHAHahahahaha (rire du mec qui se la raconte car il connaît les ficelles du métier, non-non-non pas le string de Régine).  
    Tout simplement parce qu'il est à  2 pas (vraiment) des salles "22" et "22 Est" réputées pour leur programmation sympa et leur bar cool . Et donc à  2 pas aussi du "Magic Mirrors" qui est le lieu de débauche post-concerts, où vous pouvez croiser un DA de Major, un acteur connu sous ectasy, des attachées de presse bourrées (pléonasme), des tourneurs speedés (naturellement ou pas), des artistes plus ou moins connus qui regardent partout pour voir si on les reconnaît. Bref un truc prout-prout mais bien sympa quand t'es bourré et que t'en a rien à  foutre. Et vous l'aurez noté : j'en ai rien a foutre.
    Donc au Marlain, ce petit bar qui paye pas de mine, tu peux croiser tous les gens précités, pour qui c'est un peu le quartier général non-officiel. Cette année ils ont du être contents au Marlain. Le nouvel espace pro officiel étant vraiment naze, ça s'est pas mal rabattu là-bas. Donc là-bas rebelotte promo et coups à  boire. Vous aurez compris que l'un va difficilement sans l'autre. Vraiment bon plan d'avoir gare la voiture à  UN METRE de l'entrée : je peux aller chercher mes trucs au coup par coup. Je peux même faire essayer les t-shirts et donner la bonne taille ! On dira pas que je soigne pas la promo aux petits oignons.
    Il doit être 19h bientôt et en un après-midi j'ai déjà  pas mal bossé. Je vous passe le détail de personnes rencontrées car ça va pas forcement vous parler plus que ça mais en gros : salles, festivals, tourneurs ; le lendemain ça sera plus media et disque. Non je dis ça pour pas qu'on croit que j'ai fait QUE boire : ne niez pas, même parmi mes  amis  lecteurs il y en a qui le croient).

    On file avec Simo (qui a un succès vraiment boeuf avec son Stetson) tracter du FIRECRACKERS devant les salles (Indochine ; Dresden Dolls, Queen Adrina, Puppetmastaz .). On sticke tous les chiottes par la même occasion : le chiotte, c'est  l'affichage captif  par excellence : ta bitte tu la connais et tu vas pas la mater 107 ans pendant que tu te vides donc tu regardes quoi ? Les stickers.
    On reste 5 ou 10 mn de chaque concert, pas plus faute de temps. Je reste encore étonné par le concert d'Indochine, ils ont un public hallucinant. En gros, des fans.
    Mais fans de chez fans : leur Nicolas dis le moindre mot et c'est l'HYSTERIE (genre  "bonsoir"  /  "OUAIIIIIIIIIIIIIIIIS"  mais pas un OUAIS sympa ou juste chaleureux non-non un truc de mammouth quoi j'ai plus entendu de salle aussi en de lire et hurler aussi fort depuis longtemps.     Le seul truc qui fait chier c'est que Indochine ils jouent leur morceaux. Alors forcément ça lasse un peu (moi, pas les fans qui en re-re-re-re-re-redemandent). On reste plus longtemps à Puppetmastaz. Y a pas à  dire, c'est le meilleur truc Hip Hop du moment. En plus c'est frais-c'est fun, bref on s'éclate bien. Les B-boys et les quelques  racailles d'opérette de la salle nous regardent avec un air ... euh ... ébahi.
    Simo et son complet  bermuda/chemise/Stetson , moi avec un triptyque  jean/perf/casquette mousse  dans un concert hip-hop ça passe pas inaperçu.
    Place à  Coldcut qui ravage bien aussi (avec de la video scratchée featuring Jimi Hendrix et Angus Young, respect). Mais on doit filer car il est bientôt 22h et on n'a pas encore mangé. Tartiflette salvatrice.

    Direction le Marlain en s’arrêtant au 22 ouest, mais les groupes ne m'emballent pas plus que ça, des resucées assez fades du Peuple de l'herbe, la classe et les idées en moins. Donc au Marlain rencontres diverses, et bières. Tiens il est 2h00 on file au "Magic Mirrors" se finir mais déception : ça ferme. Incroyable. Bon on refile au Marlain pour que j'esssaye de trouver les gens de l'antenne Printemps de Bourges qui sauraient me dire où est le gîte dans lequel je suis censé dormir. Je sais que c'est à  5 km d'ici mais j'en sais pas plus, ayant oublié le plan chez moi. Et quand bien même je l'aurais eu j'aurais peut-être eu du mal à le déchiffrer vu mon état de fatigue avancé. Etat qui me fait dire que de toutes façons il serait peut-être malvenu de prendre le volant. Et puis elle est bien devant le Marlain la titine. Je demande donc à Simo si il peut m'héberger en loucedé dans son hôtel : il acquiesce. Nous nous dirigeons donc vers cet hôtel  "juste à côtée de la gare" (je cite) . Ce que je ne savais pas c'est que la gare était, et est toujours a priori, à  l'autre bout de la ville.

    Il a fallu faire plusieurs arrêts aux stands pour arriver à  bon port, et c'est fin cuit que je me jette à  terre dans la chambre d'hôtel pour dormir du sommeil du juste. Il y avait bien deux autres lits mais ils étaient réservés aux filles bossant avec Simo, qui n'étaient pas encore arrivées, les coquines.
    Leur réaction en ouvrant la porte une heure plus tard sera qualifiée de "touchante". Simo aurait recueilli un clochard ou un terroriste qu'il aurait pris moins cher : elles ont eu peur de se faire jeter ou d'avoir des embrouilles avec l'hotel à cause de ma présence dans leur chambre (à  même le sol, je le rappelle). Simo leur a gentiment signalé que c'était moi ici, ou moi mort sur la route et il est allé à  l'accueil régler à  l'avance le problème histoire de décoincer les files. J'ai vécu cet épisode d'un oeil torve, comatant sur une moquette bon marche qui puait la poussière, engoncé dans mon perfecto, la bave aux lèvres.
Finalement je comprends leur réaction.
Sommeil.

8 avr. 2006

Firecrackers+Flashfalcon+Elvis Corpse à EVE

Réveil 11h00. Hier soir je tenais la buvette pour "Supremes Dindes + Duster 71", mon état de fraîcheur n'est donc pas optimal.

Bouffer, se laver, aller au local, aller a la salle. Les concerts Grenoblois ont ceci de sympathique que la route est relativement vite faite. Ça n’empêche pas que comme d'habitude tu passes ta journée entre quatre murs (et/ou quatre vitres), que tu bois des bières et du café, que tu manges du salami, des bananes, des pommes, du taboulé et des Twix (tiens de mon temps on disait Raider, ça me revient d'un coup je sais pas pourquoi).

IL faudra un jour retrouver et battre a mort le responsable de cette mythologie qui veut que le rocker se nourrit exclusivement de salami, de bananes etc. etc.

Il fait très beau en ce début d’après-midi, et j'essaye de rester un maximum a l’extérieur afin de prendre les forces du soleil. Pourquoi ne pas profiter de cet immense campus universitaire totalement désert ? Je suis comme les anciens intimement persuade que le fait d’être au soleil donne un énergie cosmique indéniable. Attention je ne lis pas d'horoscopes et Elisabeth Tessier se résume pour moi à un vide-couilles pour Mitterand et à la décrédibilisation incarnée de la Sorbonne (à elle tout seule, elle est quand même forte quelque part ....).
Bref.

Au son c'est Geo Poutretout qui s'y colle. Je lui souhaite d’entrée bien du courage, n'ayant jamais vu un seul concert avec un son vraiment bien dans cette salle. Donnée qui n'a pas manque de m'angoisser depuis le calage du concert et avec laquelle j'ai donc bien sur fait stresser tous les autres. Désolé les gars.
Je signale que cela n’enlève rien au respect profond que je porte à l’équipe de Eve & a Etienne Arras en particulier qui ne compte pas ses heures pour en faire un maximum, avec le plus de qualité possible.

Yann et Delphine de l'Interrupteur on bien brassé pour cette date, moi je me suis contenté de faire l'affiche et le flyer. J'essaye donc de pas trop la ramener et me contente de suivre la procédure habituelle :

-"BATTERIE ! grosse caisse steuplait"
10 mn de TOUM TOUM TOUM TOUM.
-"BATTERIE ! caisse claire steuplait"
10 mn de SPAK SPAK SPAK SPAK.
etc etc.
Vient mon tour.
--------- branlette tuning de musicien ------
Je peux enfin frimer avec mon nouvel empr... équipement : tête Ashdown EVOII (500 W) sur caisson Ampeg SVT 6*10" (encaissant 600 w).
Une tuerie.
--------- fin de la branlette tuning de musicien ------

Ensuite les grattes puis le chant etc.
Arrivée de Elvis Corpse, bonjours de circonstance et je rentre en ville car ayant chope une belle infection pulmonaire je dois faire des seances de respiration avec un appareil lourd et chiant loue a la pharmacie. En ce moment même j'ai a sur la tronche car ayant peu de temps j'optimise même les soins. La lose. J'en profite pour manger un bon plat de pâtes a l'huile d'olive. Sans rien d'autre, sur les 18h00, il n'y a rien de tel pour être paré à toute une journée de concert. Quelques excitants pour digérer et c'est reparti a la salle ou Flashfalcon finit ses balances dans un déluge de décibels qui nous fait passer pour un groupe de balloche. Tête angoissée, ou du moins dubitative de Gwan, régisseuse de la salle.

Je suis vraiment content de les revoir les Flashfalcon car, si vous avez déjà lu ce blog, vous n’êtes pas sans savoir que nous leur devons une soirée plus que mémorable à Lyon en janvier, qu'en plus de faire de la bonne musique ils se bougent bien et , cerise sur le gateau, sont bien cons comme j'aime.

Ben voila c'est déjà bientôt 20h00. Ça panique un peu chez l'Interrupteur car le gars de la caisse-billetterie n'arrive pas, quelques vestes en jeans, cuirs, et franges, montrent le bout de leur museau aux alentours de la salle. De toutes façons les gars de la sécu sont a la bourre.

20h30. Ça y est les gens rentrent. Horreur malheur : les gens qu'on connait sont forcément dans les premiers. Ces quelques lignes vont me permettre d'expliquer pourquoi on ne les voit quasi jamais pendant les concerts. Ou seulement quelques instants et parfois, oui, nous les fuyons comme la peste ou pas loin ;-)

--------- pourquoi votre pote du groupe vous le voyez jamais plus de 2 minutes ------------
Explication. Données du problème.
L'individu X qui joue dans le groupe Y connait un nombre N de personnes qui viennent a son concert C.
Si X passe 10 minutes avec chaque personne, et que N = 30 (ce qui n'est pas du tout exagéré car de loin en loin dans sa propre ville on croise même largement plus que 30 "amis/connaissances/coucou-ça-va  ?") cela nous donne = 300 minutes.
Sachant que 300 minutes = 5 heures, je pense que : CQFD.
C'est donc prostré dans les loges avec Dennis que nous attendons le début du set de Flashfalcon pour faire un tour en bas. Quand les lumières de la salle sont éteintes tu peux passer plus vite-fait-incognito-negocier-une-biere-pression-au-bar-car-tu-en-as- marre-des-cannettes-des-loges, quoique avec la moustache que je me traîne en ce moment et ma casquette mousse bon ... on a fait plus discret ...). Afin de rassurer tout le monde et bien faire comprendre qu'il ne s'agit en aucun cas d'un syndrome de grosse tête cher(e)s ami(e)s je vous rassure : le PIRE, c'est quand il y a des gens de votre famille. Ça c'est la VRAIE "punition". Ce qui ne veut pas dire que je n'aime pas ma famille au contraire ... enfin bref les jours de concert t'as envie de jouer, et avant, de rien, à part des bières et tout ce qui peut t'exciter. Enfin pour moi c'est comme ça. Et merde tiens ....
--------- FIN DE pourquoi votre pote du groupe vous le voyez jamais plus de 2 minutes ------------

Flashfalcon font un putain de bon concert même si le public n'est pas encore totalement arrivé, et que niveau son je trouve que ça manque de batterie. Roy tape comme une brutasse mais Marty a mis son Marshall tellement fort qu'il couvre toute la facade. Paco est a fond, la voix beaucoup plus rock que sur la récente démo où l'on sent qu'il s'est retenu. Mais bon c'est le début pour eux et préparez-vous tous : Flashfalcon ils vont tout casser, et bientôt.
Hugh, j'ai dit.

La salle est bien remplie pour l'arrivée de Elvis Corpse, et je reste principalement a l'étage pendant leur set franchement garage, a tourner dans tous les sens, faisant de brèves descentes pour aider a l'installation du stand, fumer un peu dehors (avec mon infection aux bronches j'ai envie de dire "eh ben bravo" mais merde quoi) en tchatchant avec qui je peux, jamais très longtemps (voir explication ci-dessus).

Toujours bière et de quoi être en forme et PAF Elvis Corpse finit son set. Soit plus tôt que prévu soit j'ai pas la bonne heure. En fait je n'ai ni montre ni portable donc bon.
Quoi qu'il en soit je suis un peu surpris : déjà ?

Je descends donc installer et vérifier tout mon bordel. Je m’apercevrai bien vite que encore une fois j'ai oublie quelque chose, ça manque jamais. La j'ai bien mes bouchons auditifs, l'attache lunettes, mais évidemment j'oublie comme un con le bracelet mousse qui m’empêche de glisser du bras droit sur la caisse de la basse. Ce qui me fera chier tout du long.

Tout le temps d'un journée se rétrécit dans ces 5 minutes passées à préparer et vérifier le plateau, et a faire l'ultime line-check. Finalement c'est pour ça qu'on est la, et ces 5 minutes pèsent très lourd, on se sent totalement embourbe dans un présent qui ne s’arrête plus. Et on appelle ça le trac.
C'est dingue, il n'y a qu'à Grenoble que ça me fait ça. Ailleurs sans être non plus totalement détendu, je ne suis pas du tout aussi stressé.

L'intro sonore, un mélange entre un groupe surf sixties suédois dégoté par Yann et des extraits de dialogue de Rock Academy .
Et c'est parti.
Le son sur le plateau n'est pas génial. La salle est plutôt pleine, et les gars du groupe remontés comme des coucous suisses. Les gens se sont avances. J'entends des pétards. Je vois pas mal de gens avec des appareils photos. C'est a peu près tout. Sinon je sue et je m'amuse. Les nouvelles chansons ont l'air de bien passer et on ne les massacre pas trop, ce qui est souvent le cas des premières versions live. Bizarrement niveau son Dennis me parait loin, mais ce plateau est tellement bizarre au niveau sonore. Bref je m'en fous un peu : j'ai le kick dans mon retour et ma voix, l'ampli de Yann dans les oreilles, j'ai donc tout ce qu'il faut pour être au minimum dans les chansons. Comme d'habitude je n'ai pas envie que ça se finisse. Il n'y a que la que je ne me sens plus, au sens vraiment fort du terme : JE n'est pas la. Je sais pas ce qu'il se passe j'ai juste envie de faire du bruit, de suer, de me fatiguer et d'hurler.

Ça fait un bien fou, a n'a pas de prix et a ne se compare a rien. Même une bonne pipe fait pitié a cote.

Tout va tout seul, Dennis Yann et Tony, on va tous dans un sens et dans tous les sens a la fois. En même temps que tu maîtrises du son, et en envoie partout, tu es aussi transperce par lui. Etre sur scène c'est quasiment mystique des fois. Enfin a des moments tu reviens bien sur terre en fin de set demander une bière à un pote du premier rang (MERCI Julien) car tu t'aperçois que tu vas tomber dans les pommes sous peu.

La reprise finale de Gluecifer ("Car Full of Stash") avec Matt Sparkle des Flashfalcon arrive comme si tout n'avait dure que le temps de claquer des doigts. NOIR.
Je passe par le rideau a jardin et boum. NOIR.
Noir de chez noir. Puis des bleus et des rouges, très vifs.
Je me réveille. 2 secondes plus tard ? 5 minutes ? j'en sais rien personne n'est venu voir si j’étais en vie !
Je sue a grosse gouttes sur le plancher et je ne pèse plus rien, c'est magnifique. J'ai envie de rester comme ça toute ma vie.

Je comprends pourquoi les sportifs sont des drogues qui courent a l’épuisement. Ils aiment a se sentir partir. Pas étonnant que ce soit les mecs les mieux fournis en came de toute la planète. Ne les croyez pas quand ils disent chercher la performance : ce qu'ils cherchent c'est l'abandon du corps.

Je reprends mes esprits et change de tenue, sentant manifestement le poney, voire le poney-club tout entier.
Apparemment on s'en est pas trop mal tirés malgre le son, les gens ont l'air content, c'est cool.

Il faut ranger le matériel, et l'emmener a la salle.
Je ne m'y ferai jamais.Apres l'extase, c'est vraiment le retour dans la chierie complète, caca-prout-nul-chier-merde.
Ranger le matos c'est un tue l'amour. C'est baiser en totale fusion avec Heidi Van Horne et la seconde d’après avoir une équipe de rugby qui fait un concours de pets dans ton salon. C'est affreux.
On essaye de faire au plus vite.

Arrivée au local et rangement.
Nous sommes 18 et l'after prevu chez R. ne peut avoir lieu car on est trop. On décide stratégiquement de se scinder : je file avec Flashfalcon et ma copine Caro chez nous, en attendant. Les autres (les autres Firecrackers les potes et les filles) filent chez R. vu qu'ils le connaissent déjà, en se disant qu'en faisant ça en deux fois, "a ira".

De fait arrivés à la maison on commence a torpiller les bières et la bouteille de vodka que j'avais eu le flair d'acheter, car il ne restait plus rien depuis bien longtemps dans les loges. Arrivent Yann et sa Julie, puis Friedd Spektör et sa Aude (son Aude ?) qui vient tout juste de rentrer de Londres où il a fait le son de rhesus, en première partie de Black Rebel Motorcycle Club dans une soirée Jack Daniel's (la classe quoi).
Apparemment il y a du grabuge a l'autre appart', avec flics et compagnie. On en restera donc là pour les retrouvailles globales. Pourquoi on n'est pas riches avec des lofts de 300 m2 pour inviter tout le monde ?!!??? Parce que résultat ni Tony ni Dennis ne sont là ! RHAAAAAAAA !!!!
Enfin en tous cas on se marre bien. Dur de raconter les conneries qui peuvent se dire ou se faire dans des fins de soirées arrosées et enfumées où manifestement tout le monde est content de se voir, d’être là, de faire les cons et d’écouter, encore et toujours, de la musique.
------------ Bande son ------------
Powerage (ACDC) White Album (BEATLES) Tom Tom Bullets (SWEATMASTER) United Rockers (COMPILE) II & I (LED ZEPPELIN) etc.etc.
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Roy & Nick de Flashfalcon sont au top de leur forme (coup de poings variés, clefs de bras et descente de Vodka assez vertigineuse), Marty renverse cendriers sur cendriers, Paco s'active sur des feuilles à rouler, Matt torpille ce qui reste de bière, Yann n'est pas en reste, bref tout le monde fait bien le con et c'est "youplaboum-attitude" jusqu'a 5h00 où il est temps d'aller se coucher.

3 Flashfalcon dans le salon, 2 autres dans le camion. Frais.
Réveil a 10h00 pour rejoindre Delphine qui va les ramener chercher leur matos a la salle.
Aux-revoirs sur l'air du "attends-voir la prochaine date ensemble a Lyon le 14 juin".
Retour dans le pieu.
Re-réveil pour filer le portable que Matt a oublié.
Re-dodo.
Re-Re-Réveil a 15h00 et direction le local pour aller répéter toute l'après-midi, a la batterie, avec mes vieux pote des Sleazy Kids dont je ne manquerai pas de reparler un de ces jours.
Une bonne fin de semaine rock n' roll quoi.

Merci a tout le monde d'être venu, et GROS merci a Delphine de l'Interrupteur, Géo Poutretout, Gwen, Etienne Arras, mes FIRECRAKERS chéris ....

GROS MERCI TOUT LE MONDE !